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Charles Fleury : Université Laval
Le prolongement de la vie professionnelle est souvent envisagé pour faire face aux défis que pose le vieillissement démographique. La scolarisation accrue des individus, l'amélioration de l'espérance de vie en bonne santé et la tertiarisation de l'économie constitueraient des évolutions favorables à un tel prolongement. Bien qu'ils représentent un pan important de la population active québécoise actuelle, les membres de la génération X apparaissent peu dans les réflexions entourant le vieillissement démographique et le prolongement de la vie professionnelle. Ceux-ci présentent pourtant un parcours singulier dont il faut tenir compte lorsqu'il s'agit de faire des pronostics sur le vieillissement de la main-d'œuvre québécoise. Je vise à mettre en lumière certaines des transformations intervenues au cours des dernières décennies dans les sphères du travail et de la famille susceptibles d'avoir affecté leur parcours de vie et la façon dont ils envisageront la retraite. Adoptant l'approche des parcours de vie comme cadre d'analyse, j'examinerai de manière plus spécifique l'évolution de leur situation professionnelle et familiale ainsi que leurs modes d'agencement tout au long de la vie. Je m'appuierai sur les données québécoises de l'Enquête sur la population active et de divers cycles de l'Enquête sociale générale. Je traiterai également de quelques résultats issus de l'Enquête québécoise sur les conditions de travail, l'emploi et la santé et la sécurité au travail (EQCOTESST).
Au cours des dernières décennies, le Québec a connu les effets du baby-boom puis du baby-bust (effondrement de la natalité), transition accompagnée de plusieurs vagues d’immigration de type et de provenance différents. Depuis 2001, l’immigration représente d’ailleurs la principale source de la croissance de la population du Québec. L’effectif de la main-d’œuvre est en partie le résultat de cette évolution, mais aussi de changements de comportements et de caractéristiques de divers groupes sociaux face au marché du travail.
Alors que le vieillissement de la population suscite des préoccupations quant à l’avenir de la croissance de la main-d’œuvre, l’évolution des rapports complexes entre les comportements démographiques, l’activité et l’emploi s’impose comme enjeu de recherche stratégique. Comme le soulignaient Laplante et Godin (2003), « […] la relation entre l’évolution de la population active et de la population employée d’une part, et les phénomènes démographiques stricto sensu d’autre part, est maintenant un système complexe où la décision de participer au marché du travail joue vraisemblablement un rôle plus important que l’offre d’emploi. Dans un tel contexte, prévoir l’utilisation de la population active et de la population employée requiert vraiment des hypothèses sur la nature et la répartition des comportements […]. » Depuis une dizaine d’années, d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine grâce à l’accès à de nouvelles sources de données et aux développements méthodologiques en matière de modélisation.
Ce colloque a pour principal objectif de réunir les chercheurs qui s’intéressent, d’une part, aux processus démographiques et, d’autre part, aux tendances économiques et sociales qui interagissent avec ces processus et qui ensemble déterminent l’effectif, la composition et la productivité de la main-d’œuvre. Le colloque sera sous la responsabilité scientifique d’Yves Carrière, responsable du colloque annuel de l’ADQ (Association des démographes du Québec), Benoît Dostie, directeur du CIQSS (Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales), et Pierre-Carl Michaud, cotitulaire de la Chaire Industrielle-Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.
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