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Marie Stéphanie Abouna : Université de Bourgogne
L'une des critiques portée au développement durable serait de servir les intérêts des riches. En effet, la pauvreté, aujourd'hui en voie d'être reconnue en France comme une forme particulière de discrimination, est souvent considérée comme une source de distanciation avec la question du développement durable.
Les politiques publiques de rénovation urbaine ou d'aménagement du territoire, tentent d'allier la question du développement durable et les initiatives de lutte contre la pauvreté, dans une démarche intégrée. L'on peut se demander quel est l'intérêt ou la part prise par les populations démunies à cette démarche par le biais des outils numériques.
Notre communication vise à saisir le lien entre les outils de communication 2.0 et la résilience socio-écologique de genre dans les territoires « défavorisés ». En croisant le genre par les données sur les comportements info-communicationnels et de consommation de biens, il s'agit de comprendre comment les inégalités numériques influent sur les modes d'engagement éco-citoyen et, les perspectives de lecture du genre qu'elles laissent.
À partir du programme de recherche MOVIDA reposant sur des enquêtes menées au sein d'un quartier défavorisé et des outils développés dans le cadre de l'intelligence territoriale, nous tenterons de proposer un cadre de lecture et d'analyse des écarts entre une vision verticale qui consiste à appliquer les politiques de DD dans les quartiers et les besoins des populations et leurs différentes strates.
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.