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David Harvengt : Université Laval
Christoph Wulf l'a montré: les rites sont omniprésents à l'école. Ils scandent le rythme scolaire (annuel, hebdomadaire et quotidien), ils aménagent l'espace et organisent les relations entre les différents acteurs du monde scolaire. Mais qu'en est-il des rites de passage ? L'école est-elle un lieu de rites de passages ? Il y en a-t-il et si oui, quels sont-ils et quels sont leurs fonctions ? Dans les faits, on penser les rites de passages scolaires à deux échelles : micro et macro. En effet, nous pouvons envisager ces rites dans une perspective quotidienne, avec l'arrivée des élèves, leur entrée dans la classe, la sortie des classes, etc. Sont-ce vraiment des rites de passages ? Nous pourrons y réfléchir. Nous pouvons également envisager l'école comme temps liminaire, pour reprendre le concept cher à Van Gennep et Turner, qui serait un temps où l'enfant se construit pour devenir Homme. Là encore, la question demeure : peut-on réellement envisager l'école comme rite de passage aussi large ? Rien n'est moins sûr. Néanmoins, elle est le lieu, pour les enfants et les adolescents d'apprentissages importants et allant bien au-delà de l'aspect académique, notamment dans la relation à l'autre et à soi, une dimension qui est somme toute au cœur de bien des rituels. La présente communication se veut donc une première réflexion, un premier débroussaillage autour de l'école et des rites de passages et des questions que cette mise en lien suscite.
Les rites religieux et les passages liés au cycle de la vie, dont la concordance caractérisait les sociétés traditionnelles, n’ont plus nécessairement lieu dans nos sociétés hypermodernes. Les baptêmes, les mariages et les rites funéraires religieux persistent. Toutefois, d’autres formes rituelles, qui prétendent souligner les passages de la vie individuelle ou sociale, apparaissent dans le paysage contemporain. Comment se structurent les identités dans l’actualité? Quel rôle la ritualité y joue-t-elle?
L’étude des rites de passage accompagne le développement des sciences humaines et sociales dès les intuitions fondatrices de Van Gennep jusqu’à la liminalité de Victor Turner, la théorisation de l’individualisation par David Le Breton et, plus récemment, la critique rituelle de Ronald Grimes de même que le constat de la transformation et de l’émergence de nouveaux rites de passage par Martine Roberge. Entretemps, des approches interdisciplinaires se sont développées unissant notamment des chercheurs de différents domaines tels que théologie et psychologie, histoire et philosophie, anthropologie et neurosciences, linguistique et arts. En parallèle, les conditions et le contexte de la recherche se sont élargis et ont favorisé la globalisation médiatique et économique, si bien qu’un regard multi ou interculturaliste s’impose.
Le colloque « Les rites de passage aujourd’hui : enjeux et perspectives » prétend rouvrir et relancer le débat par l’entremise de l’analyse critique des approches et des méthodologies des études rituelles, ainsi que de la description ethnographique des rites de passage — autant classiques que nouveaux, religieux que profanes.
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