Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Amélie Aubé Lanctôt : Université de Sherbrooke
La structure du recueil d'essais Autobiographie de l'esprit est bien particulière. Son auteure, Élise Turcotte, présente l'ouvrage comme une série d'« écrits sauvages et domestiques ». Notre communication aura pour but de cerner ce qui, dans le recueil, présente une unité, par-delà les traits hétérogènes, que nous identifierons aussi. Nous voudrons ainsi montrer que l'essai fait ce qu'il dit lorsqu'il valorise la poétique de la discontinuité. Dans les différentes parties de l'ensemble, il y a la rêverie sur l'écriture qui se déploie tout au long des textes, des propos sur l'esthétique du fragment, sur l'importance du chaos et du désordre à la base de la création, ainsi que sur la résistance et l'empêchement inhérent à l'acte de l'écriture. De plus, l'auteure appuie son dire en tentant une réflexion sur ses propres œuvres. Les thématiques spécifiques à chaque partie du livre : Écrire, Parler et Voir traitent surtout de ce qui inspire l'écriture, l'expérience poétique en tant que telle, et de la mort. Enfin, nous serons attentive à la fonction des illustrations, en plus de faire ressortir l'autonomie des textes présentés dans le recueil.
Depuis une quinzaine d’années, on constate un intérêt marqué pour la notion de recueil, considéré par certains comme un genre à part entière. Ce type de production a en effet la particularité de réunir un certain nombre de textes qui, à eux seuls, ne suffiraient pas à constituer un livre, que l’on songe à la nouvelle, au poème ou à l’essai. Plusieurs travaux récents ont porté sur la dynamique particulière de la forme du recueil, entre fragmentation et accumulation, qui amène la lectrice ou le lecteur à osciller entre le caractère unitaire et autosuffisant des textes et les liens qui peuvent s’établir entre eux, du simple fait de leur rassemblement. Comme l’écrit François Dumont à propos de l’essai, l’analyse de recueil nécessite l’examen des « rapports qu’entretiennent la forme colligée et la poétique » (La pensée composée, 1999). Observons enfin que ce mode de composition entraîne des conséquences sur la lecture en raison du phénomène de réticulation « qui conjugue des stratégies textuelles et des stratégies interprétatives » (R. Audet, Des textes à l’œuvre, 2000).
C’est dans un tel esprit que ce colloque invite les participantes et participants à remonter la chaîne des actions, des manipulations textuelles et des étapes éditoriales qui ont mené à la confection d’un recueil destiné à la publication. Il s’agira, en somme, de s’interroger sur l’histoire d’un texte en fonction de sa destination recueillistique. Les chercheuses et chercheurs sont donc invités à choisir un texte : nouvelle, poème ou essai, et à rendre compte de son parcours jusqu’à sa mise en recueil, sous forme de livre, dans une anthologie, voire dans une édition critique. Les communications pourront ainsi s’inscrire dans des travaux en édition critique, en génétique textuelle ou en poétique du recueil. Les présentations s’apparenteront davantage à l’atelier qu’à la conférence afin de favoriser la discussion en toute collégialité autour d’objets ou de questions de recherche en cours.
Titre du colloque :
Thème du colloque :