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Compétences de gestion et orientation entrepreneuriale dans le secteur informel

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Axel Demenet : DIAL

Résumé de la communication

Deux des conceptions fondatrices du secteur informel que sont l'école Dualiste (Lewis, 1954 ; Harris and Todaro, 1970) et l'école Légaliste (de Soto, 1989) s'opposent sur le concept d'entrepreneur informel. Parmi la masse hétérogène des unités de production informelles (UPI) dans les pays en développement, une question clé est en effet de distinguer les activités de subsistance des micro-entreprises ayant un potentiel de croissance. Dans ce cadre, un facteur discriminant pourtant peu utilisé jusqu'à présent est l'Orientation Entrepreneuriale (OE). Trouve-t-on dans le secteur informel des entrepreneurs à proprement parler ? Le cas échéant, qu'est-ce qui les différencie de ceux opérant dans le secteur formel ? Y a-t-il un lien de causalité avec la performance ?

Au-delà d'une distinction basée sur l'OE, la pertinence de compétences de gestion telles que la comptabilité en parties doubles ou le marketing reste à démontrer pour des UPI. Si leur importance ne fait plus de doute pour des entreprises de plus grande taille, elle est moins intuitive pour ces unités de production à la fois petites et peu évoluées sur le plan organisationnel.

Cette communication propose une approche empirique de ces questions à partir de données de panel vietnamiennes : une enquête mixte (à laquelle l'auteur a pris part), « Household Business and Informal Sector Survey » conduite en 2007,2009 et 2014, ainsi qu'une enquête biennale Petites et Moyennes Entreprises conduite depuis 2005[1].

Résumé du colloque

Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.

À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 11 mai 2016

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