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Anne Mai WALDER : Université de Montréal
Parmi les particularités helvétiques, une confédération de 26 cantons où coexistent autant de systèmes éducatifs. En effet, l'éducation s'avère essentiellement du ressort de ses cantons. Dans un but d'harmonisation, la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP) mobilise 26 conseiller(e)s d'État en charge de l'éducation et s'applique à harmoniser leurs travaux au niveau fédéral. Cette instance politique érige son intervention sur des concordats intercantonaux. Aujourd'hui, la formation des enseignants du préscolaire au secondaire s'effectue majoritairement au sein des Hautes Écoles Pédagogiques (HEP), des institutions distinctes des Hautes Écoles universitaires, à savoir les universités. Établies suite aux « Recommandations relatives à la formation des enseignant(e)s et aux hautes écoles pédagogiques » de la CDIP (1995), les HEP se polarisent sur la profession et la pratique, au niveau de l'enseignement et de la recherche, mais conserve un concept focalisé sur le métier. Ainsi, entre la tertiarisation de la formation des enseignants, la reconnaissance au niveau fédéral de leur diplôme et l'harmonisation du système éducatif suisse (HarmoS), la formation des enseignants a vécu des réformes majeures toujours en cours depuis plus de 20 ans. L'objectif de cette communication est d'explorer ces transformations et de discuter les quelques intentions d'une universitarisation de leur fonctionnement.
Le rapport Parent présenté par la Commission royale d’enquête sur l’enseignement en 1963 est le point d’ancrage des grandes réformes du monde de l’éducation au Québec (Gouvernement du Québec, 1963-1965). Vanhulle et Lenoir (2005) notent quatre principales étapes de ces changements : 1) Les années 1960 sont marquées par la démocratisation de l’éducation et l’accessibilité de l’instruction à tous. Le gouvernement a assigné les universités d’une mission de recherche. 2) Les années 1970 repositionnent la formation à l’enseignement par l’universitarisation de celle-ci. 3) Les années 1980 se caractérisent par l’encadrement du personnel scolaire et par l’énoncé de critiques sur la qualité de la formation universitaire à l’enseignement au Québec; on lui reproche d’être sans lien véritable avec les pratiques et les besoins des enseignants (Lessard et Tardif, 1996), ce qui aboutira aux changements des années 1994 et de 2001 (Tardif, 2013). 4) Le temps des grandes réformes des années 1990 se consolide en 2001 avec le Programme de formation de l’école québécoise ainsi qu’avec un nouveau Programme de formation à l’enseignement; dans la foulée de ce changement, le ministère de l’Éducation du Québec publie, en 2001, un référentiel de 12 compétences professionnelles pour renforcer la professionnalisation du métier d’enseignant et l’approche par compétences.
Comme résultante de ces réformes depuis une décennie, le Comité d’agrément des programmes de formation à l’enseignement (CAPFE) entreprend des visites dans les universités québécoises qui offrent des programmes de formation à l’enseignement. Peu d’études se sont en revanche intéressées au fonctionnement concret et aux stratégies de promotion de ces réformes ainsi qu’aux constellations d’acteurs qui interviennent à différents niveaux dans ces processus.
Ce colloque vise à se questionner sur le fonctionnement, les acteurs et les stratégies de promotion des réformes dans la formation à l’enseignement au Québec et à l'international.
Thème du colloque :