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Complices du silence : barrières structurelles dans l'offre de services aux travailleuses migrantes temporaires victimes de violence ou d'exploitation

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Chantal ROBILLARD : Université Concordia

Résumé de la communication

Selon l'OMS, certaines populations sont particulièrement limitées dans leur accès aux services de santé et sociaux notamment les travailleurs migrants, les migrants irréguliers et autres migrants victimes de violence, d'abus ou d'exploitation. Encore trop peu de données probantes existent quant aux femmes migrantes en situation de vulnérabilité. Sur la base d'entrevues semi-dirigées avec des fournisseurs de services (QC :20, ON : 24) et des décideurs politiques (4) du Québec et de l'Ontario, nous proposons une réflexion sur les défis et solutions dans l'offre de services aux travailleuses migrantes temporaires victimes de violence. Les participants ont exprimé que peu de femmes rapportent une situation de violence dans leur milieu de travail ou soumettent une plainte en raison des risques de cette divulgation pour le projet migratoire; du manque de connaissances de leurs droits ou des services disponibles; et des obstacles dans l'accès aux services. Les fournisseurs de service deviennent également complices du silence si la situation de violence est divulguée en raison des limites de l'action possible définies par leur mandat et leurs sources de financement; du manque de personnel qualifié; et des défis structurels pour apporter des changements tangibles aux situations de violence. Pour remédier, sinon que partiellement, à la situation, les fournisseurs développent des réseaux informels de collaboration et des espaces ouverts, sans discrimination, pour discuter de ce sujet sensible.

Résumé du colloque

Malgré un contexte politique marqué par le développement de plans de lutte nationaux (Canada, 2012; Brésil, 2007; É.-U., 2013) et internationaux contre les formes d’exploitation au travail dénoncées sous le registre de l’esclavage moderne, le marché mondial du travail reste traversé de formes d’exploitation au travail combattues par ces plans : exploitation sexuelle, travail forcé, travail infantile ou encore servitude pour dettes. Beaucoup de produits vendus sur les marchés internationaux sont fabriqués dans des conditions dénoncées comme relevant de l’esclavage moderne à des fins de rentabilité : vêtements, chaussures, chocolat, fruits et légumes, acier, bois… phénomène illustrant comment l’économie capitaliste néolibérale et globale fait de la précarisation des travailleurs l’une de ses caractéristiques. Le contexte contemporain des Amériques n’échappe pas à cette réalité.

S’appuyant sur des études de cas situées dans différents pays des Amériques (Canada, Brésil, Mexique, etc.), ce colloque cherchera à comprendre les logiques et les formes de l’exploitation au travail, liées ou non à la migration. À cette fin, il mettra en question dans chaque cas les spécificités des relations de travail et de dépendances tout en examinant de quelle manière celles-ci prennent place ou non dans un contexte politique d’économie globale conduisant à normaliser objectivement ou subjectivement ces conditions de travail, malgré des discours et des plans de lutte contre la traite humaine et l’esclavage moderne. Il s’agira donc d’étudier tant les contextes des politiques migratoires pour les travailleurs agricoles au Canada et au Québec, par exemple, que les manières dont certains travailleurs se résignent, sous des formes de servitude volontaire, à travailler dans des conditions de travail non libre, notamment au Brésil, pour comprendre comment se construisent les frontières légales, sociales et morales de l’exploitation au travail dans les Amériques aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Alexis Martig
section icon Date : 11 mai 2016

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