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François Dumaine : PRA Inc.
La réflexion entourant la contribution attendue des parties prenantes à l'évaluation met en lumière les différents courants entourant la fonction même de cette discipline. La définition de « partie prenante » et le rôle qu'elle est appelée à jouer découlent nécessairement de ce que l'on souhaite réaliser par l'intermédiaire d'une évaluation de programme. À titre d'exemple, l'approche fédérale, telle qu'énoncée dans la Politique sur l'évaluation, repose sur une vision axée sur la reddition de compte où l'évaluateur doit garder ses distances par rapport auxdites parties prenantes. La politique énonce en effet que l'évaluation doit fournir « aux parlementaires, aux ministres, aux organismes centraux et aux administrateurs généraux une appréciation neutre et fondée sur des éléments probants de l'optimisation des ressources, c.-à-d. de la pertinence et du rendement des programmes ». Dans un tel contexte, on doit parler de différentes parties prenantes dont chacune semble avoir un niveau de participation inversement proportionnel à son intérêt déclaré ou présumé par rapport au programme faisant l'objet de l'évaluation. Cette présentation explorera les ramifications de cette vision de l'évaluation, incluant les étapes d'élaboration, de mise en œuvre et d'analyse liées à l'évaluation.
L’évaluation de programme se définit comme une collecte systématique d’informations afin ultimement de porter un jugement sur sa qualité et d’émettre des recommandations. Son caractère transdisciplinaire a permis l’émergence de fondements, de modèles théoriques et d’une méthodologie qui lui sont propres, ce qui a grandement contribué à baliser les opérations menant à la formulation d’un jugement. Si les théoriciens du domaine ont surtout transmis dans le passé leurs réflexions découlant de leur expérience, ils ont pris conscience ces dernières années de la contribution essentielle de la recherche. La problématique qui émerge actuellement, et qui fait l’objet d’un grand nombre de publications scientifiques, est indéniablement l’interaction avec les parties prenantes. Initialement, on a envisagé de les intégrer au sein de la démarche afin d’assurer la crédibilité et l’utilisation des résultats. Cependant, avec le temps, on valorise de plus en plus leurs compétences culturelles et politiques, qui doivent être prises en considération pour assurer le succès de la démarche. Ils apportent aussi contribution de façon significative au moment de la conception des choix stratégiques et méthodologiques ainsi qu’à celui de l’interprétation des données. Il appert aussi que leur contribution et les interactions revêtent des spécificités selon les domaines disciplinaires (p. ex., santé, éducation, intervention psychosociale...) et les secteurs d’intervention (p. ex., gouvernemental et paragouvernemental, communautaire...). Ainsi, quelles sont ces spécificités? Et comment peut-on apprendre à bonifier le cadre théorique?