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René Légaré : COCQ-SIDA - Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida
La campagne de communication Je suis séropo a été lancée en décembre 2009. Cette campagne provinciale a mis à l'avant-scène 5 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) qui ont affirmé, à travers leur récit de vie, que C'est le VIH qu'il faut exclure pas les séropositifs. C'est la première fois au Québec que des PVVIH étaient des porte-parole pour une campagne grand public et le centre d'attention médiatique. Dans ce contexte, que doit-on faire pour satisfaire les attentes et les besoins de la personne qui sollicite le témoignage et de la personne témoin ? Comment s'assurer que leurs interventions soient d'intérêts pour les journalistes et le public ? Quels sont les défis qu'elles ont dû relever? Cette communication portera sur les actions qui ont été mises en place pour que les porte-parole rendent leur récit de vie accrocheur tout en respectant ce qu'ils sont et ce qu'ils ont vécu. Nous présenterons aussi les façons de préparer les témoins à être le centre d'attention médiatique, à recevoir les critiques et à être parés face aux médisances et aux propos injurieux le cas échéant. Plusieurs stratégies ont été adoptées afin que les porte-parole soient entendus, respectés et que leurs propos nourrissent la reconnaissance sociale et participent à transformer les perceptions de la population. Nous conclurons sur les défis rencontrés et les leçons tirées tant pour l'accompagnateur que pour la personne témoin.
On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.
Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.