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Nayla Naoufal : Université Laval
De nombreux mouvements de justice sociale ou environnementale font appel aux arts. Dans un contexte communautaire, le mouvement et la danse sont de nature à développer une cohésion et un sentiment de pouvoir-agir collectifs. Entre autres, ils peuvent permettre aux participants de construire des images positives d'eux-mêmes et de leur communauté, renforçant leur capacité de lutter contre les dynamiques de discrimination et de marginalisation. Conjugués ou non avec d'autres approches artistiques, ils peuvent catalyser le partage d'expériences de vie : « Comment nous racontons nos histoires et les histoires que nous racontons… peuvent révéler les rapports de pouvoir et transformer la construction des savoirs » (Traduction libre, Barndt, 2006). Ainsi, que ce soit en éducation formelle ou non formelle, les corps sont rarement engagés dans les apprentissages, alors que les neurosciences ont montré qu'ils sont le creuset de notre rapport au monde. Les arts du mouvement peuvent contribuer aux décolonisations inter-reliées du corps et de l'imaginaire et aider à rompre avec les conceptions contemporaines dominantes des arts et de la construction des savoirs. Cette communication se penchera sur les apports de la danse pour l'éducation à la justice environnementale dans une perspective de paix positive et de démocratie ample, en s'appuyant sur la littérature scientifique et praticienne et sur des pratiques en contexte d'éducation populaire.
Les enjeux de la démocratie et de l’éducation sont multiples, complexes, et sont cruciaux pour les sociétés. Ils sont à la fois d’ordres éthique, politique, historique, social, environnemental, économique, géographique, culturel, éducatif et pédagogique. Ils se fondent sur des valeurs d’égalité en droits, de justice sociale, de diversité, d’inclusion, de solidarité, d’équité, de paix et de bien-vivre-ensemble. Ils visent à déconstruire les problématiques socio-environnementales qui découlent des dynamiques systémiques de racismes, discriminations, marginalisation, exclusion, violences, logiques extractives et vulnérabilités multiples. L’alphabétisation politique constitue l’une des facettes de l’articulation entre la démocratie et l’éducation. L’analphabétisme politique donne lieu à une « démocratie mince » réduite à sa seule dimension normative basée sur des modalités électorales. L’éducation « transformatoire », dont le moteur est interne aux collectivités et individus concernés, constitue une seconde facette de leur articulation. Elle suppose un engagement critique dans l’exercice d’une « démocratie ample » qui conduit à la transformation des réalités socio-environnementales oppressives. L’éducation non transformatoire est semblable à l’« éducation bancaire » que dénonce Freire, parce qu’elle contribue à maintenir, renforcer et reproduire les dynamiques systémiques oppressives.
Contrairement aux évidences, l’articulation entre la démocratie et l’éducation n’est pas toujours évidente en éducation. La question se pose alors : où, quand et comment se fait cette nécessaire articulation? Depuis 2012, la recherche Démocratie, alphabétisation politique et éducation transformatoire a permis d’étudier les perceptions, expériences et pratiques d’acteurs socioéducatifs au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Avec le Global Doing Democracy Research Project dans 12 pays, plus de 5 000 personnes y ont participé. En dépit des contextes différents, des tendances communes se dégagent, notamment par le prisme du néolibéralisme, l’expérience d’une « démocratie mince », la perception de la nature antidémocratique de l’école, l’inconfort face aux questions sociales vives, le déni du rôle des enseignants dans la démocratie. Les données de recherche ont été présentées dans plusieurs congrès nationaux et internationaux, et ont été publiées en anglais.
Autour des enjeux de la démocratie et de l’éducation, le colloque réunit divers acteurs socioéducatifs pour partager leurs réflexions, recherches ou praxis, en français, à partir de diverses perspectives critiques, selon quatre axes thématiques :
1) Des perspectives critiques politiques, historiques ou institutionnelles;
2) Des perspectives critiques éducatives, scolaires;
3) Des perspectives critiques sociales et environnementales;
4) Des perspectives critiques « alter-natives » (ou nées dans d’autres épistémologies) telles que le féminisme, l’indigénisme, l’anticolonialisme, l’antiracisme.