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Beatrice Lapadat : Université Laval
Purifiés de Sarah Kane a constitué un véritable point tournant dans l'histoire du théâtre contemporain, en utilisant la violence physique et la visceralité en tant que retour à l'organicité originaire du théâtre. La mise en scène d'Andrei Serban a été fortement controversée à cause de l'emploi choquant de la mutilation et de l'horreur sur scène.
En analysant l'œuvre de l'auteure anglaise tel que filtrée par le metteur en scène roumain, on se pose les questions suivantes par rapport aux rites de passage : Dans quelle mesure pourrait-on comprendre les manifestations de la violence sur scène, par l'intermédiaire du corps de l'acteur, en tant que rite de passage? Quels seraient les moyens dramaturgiques susceptibles d'accomplir le rite de passage? Afin de répondre à ces questions, on s'appuiera sur les outils théoriques fournis par Victor Turner et par René Girard.
L'objectif de la communication est d'analyser la pertinence de l'utilisation de la violence physique sur scène par rapport à la possibilité de l'atteinte du rite de passage. Quant à la méthodologie, on utilisera une approche sémio-pragmatique qui permettra l'approfondissement du concept du corps performatif en tant que signe à la fois complexe et ambigu.
En conclusion, dans cette communication on soulève une interrogation critique qui ouvre vers la possibilité d'atteindre une forme de rite de passage ayant comme point de départ une expérience théâtrale particulièrement intense autant physiquement que psychologiquement.
Les rites religieux et les passages liés au cycle de la vie, dont la concordance caractérisait les sociétés traditionnelles, n’ont plus nécessairement lieu dans nos sociétés hypermodernes. Les baptêmes, les mariages et les rites funéraires religieux persistent. Toutefois, d’autres formes rituelles, qui prétendent souligner les passages de la vie individuelle ou sociale, apparaissent dans le paysage contemporain. Comment se structurent les identités dans l’actualité? Quel rôle la ritualité y joue-t-elle?
L’étude des rites de passage accompagne le développement des sciences humaines et sociales dès les intuitions fondatrices de Van Gennep jusqu’à la liminalité de Victor Turner, la théorisation de l’individualisation par David Le Breton et, plus récemment, la critique rituelle de Ronald Grimes de même que le constat de la transformation et de l’émergence de nouveaux rites de passage par Martine Roberge. Entretemps, des approches interdisciplinaires se sont développées unissant notamment des chercheurs de différents domaines tels que théologie et psychologie, histoire et philosophie, anthropologie et neurosciences, linguistique et arts. En parallèle, les conditions et le contexte de la recherche se sont élargis et ont favorisé la globalisation médiatique et économique, si bien qu’un regard multi ou interculturaliste s’impose.
Le colloque « Les rites de passage aujourd’hui : enjeux et perspectives » prétend rouvrir et relancer le débat par l’entremise de l’analyse critique des approches et des méthodologies des études rituelles, ainsi que de la description ethnographique des rites de passage — autant classiques que nouveaux, religieux que profanes.
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