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Jonathan Naoum : UQAM - Université du Québec à Montréal
En milieu agricole, les herbicides appliqués dans les champs se retrouvent inévitablement dans les cours d'eau voisins, et peuvent donc affecter le phytoplankton. Le fomesafen, un herbicide utilisé dans la culture soya, des fèves et du coton, a comme mode d'action connu l'inhibition de la protoporphyrinogène oxidase (enzyme impliquée dans la synthèse de la chlorophylle). Nous avons donc étudié l'induction de la tolérance et la toxicité du fomesafen chez trois espèces de phytoplankton (Scenedesmus obliquus (So) CPCC157, Ankistrodesmus falcatus (Af) CPCC287, Pseudokirchneriellia subcapitata (Ps) CPCC37). L'acquisition de la tolérance au fomesafen a été comparée entre les trois espèces à 5 et 320 µg/L. Nous avons aussi démontré que le fomesafen, en agissant sur la synthèse de la chlorophylle, induit des modifications importantes au niveau de l'utilisation de l'énergie lumineuse par les algues. Finalement, nos résultats démontrent que Ps semble l'espèce la plus prometteuse pour la mise au point d'un outil de détoxification de l'eau à de fortes concentrations de fomesafen puisque cette espèce développe une tolérance marquée à cet herbicide.
La pollution diffuse se caractérise par une émission provenant simultanément de plusieurs sources. Contrairement à la pollution ponctuelle, souvent massive, dont la source est locale et identifiable, la pollution diffuse provient de rejets sur toute la surface d’un territoire et elle est entraînée par percolation et ruissellement des eaux. Dans le temps et dans l’espace, la pollution diffuse et la pollution ponctuelle évoluent différemment. Chacune pose des défis particuliers. Toutes deux soulèvent la même question : quel est l’impact des contaminants aux concentrations retrouvées dans l’environnement?
La pollution diffuse met les toxicologues et les décideurs en matière de réglementation aux prises avec le concept fondamental émis par Paracelse : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison. » Dès lors, comment mesurer la contamination? Quel niveau devient toxique? De nombreuses recherches sont menées afin de suivre et quantifier la contamination dans les écosystèmes, identifier les espèces sensibles, caractériser les mécanismes de toxicité, évaluer les impacts sur des populations. Toutes ces informations sont nécessaires à l’évaluation du risque. Mieux comprendre pour prévenir et, surtout, mieux agir.
Le colloque couvrira ces thèmes à l’aide d’exemples : traçage d’une source d’émission par approche isotopique, pollution diffuse issue de nos activités agricoles, dont le cas du glyphosate et de ses produits de dégradation, contaminants émergents dans les eaux usées, incluant les produits pharmaceutiques. Nous traiterons aussi de transfert trophique, de toxicité chez les espèces fauniques et chez l’humain. Chercheurs, ministères, ONG et étudiants nous feront part de leur expérience, de leurs objectifs et de leurs défis.
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