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Jean Bernatchez : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les directions d'établissements scolaires en témoignent : le manque de temps est la principale contrainte avec laquelle elles doivent composer. Les trois principaux stresseurs spécifiques des directions sont d'ailleurs en lien avec ce facteur (Poirel et Yvon, 2009). L'accélération du temps social (Rosa, 2012, 2013) se déploie aussi dans cet univers professionnel : ce qui est « urgent » a préséance sur ce qui est « important ». Dans le contexte d'activités de formation continue, nous prenons en outre le temps avec les directions d'imaginer l'école de demain. Nous rendrons compte de manière globale et anonymisée d'une analyse thématique de contenu (Paillé et Mucchielli, 2012) d'un corpus de 29 productions écrites de directions d'établissements et d'aspirants à la fonction rendant compte de leur utopie éducative, cette vision du monde qui correspond à une situation souhaitable marquant une rupture avec une situation vécue. Chaque production (3 à 5 pages) a été réalisée en janvier et février 2016 par des professionnels associés à deux régions différentes, en complément et à la marge d'une activité où était initialement présenté le concept d'utopie éducative. Les résultats de l'analyse leur ont ensuite été présentés pour en discuter et les comparer à quelques grandes utopies éducatives. L'utopie est une force de changement : elle propose une rupture radicale avec un système existant et tente de briser la suprématie de l'actuel sur le possible (Mannheim, 1929; Ricoeur, 1997).
Ce colloque, organisé par l’Association pour le développement de l’enseignement et de la recherche en administration de l’éducation (ADERAE), vise à rendre compte du développement de compétences des directions d’établissement scolaire, tout comme de leur rôle dans le développement des compétences de leur personnel et des compétences collectives.
Comme en témoignent l’évolution des programmes de formation initiale et continue ainsi que la prolifération de référentiels de compétences permettant de codifier les pratiques, la fonction de direction d’un établissement scolaire se professionnalise. Si la fonction repose d’abord sur des compétences d’enseignement (Bernatchez, 2011; IsaBelle, 2010) acquises lors des années de pratiques (un minimum d’expérience dans un poste d’enseignement est obligatoire – p. ex., 5 ans au Québec et en Ontario; 3 ans au Manitoba), les directions peuvent accéder au poste après avoir complété une portion de leur formation en gestion, qu’elles poursuivent durant leur intégration.
Dans la perspective où les directions doivent assurer leur agir compétent autant que celui de leur personnel, ainsi que favoriser la formation continue et le développement de compétences collectives (Amherdt, Dupuich-Rabasse, Emery et Giauque, 2002), nous interrogeons dans ce colloque le processus de formation et d’accès diligent à la fonction ainsi que le développement des compétences qui s’acquièrent progressivement tout au long d’une vie professionnelle en contextes formel, non formel ou informel.
De quelles compétences est-il question? Comment les directions développent-elles leurs compétences à travers le processus formation-pratique? En quoi les politiques en éducation et les caractéristiques des différents milieux influent-elles sur les compétences requises dans la gestion d’un établissement scolaire? Comment les directions participent-elles au développement des compétences de leur personnel? Comment les directions favorisent-elles le développement de compétences collectives?
Thème du colloque :