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Jean Gabin NTEBUTSE : Université de Sherbrooke
A travers le monde, on a vu se déployer des changements au niveau des orientations relatives à la formation doctorale dans différentes disciplines. À la base de ces changements, il est souvent évoqué le rôle de la recherche et des chercheurs dans la compétitivité économique des pays à l'ère de l'économie du savoir (Duke et Descheneaux, 2008; Skakni, 2011). Parmi les critiques adressées à la formation des chercheurs, persiste celle voulant que la formation doctorale vise encore à former pour la carrière universitaire alors qu'aujourd'hui les universités ne constituent plus le lieu principal d'insertion professionnelle des diplômés de doctorat (Poulin, 2011). On accuse ainsi les universités d'être déconnectées des réalités contemporaines du monde du travail. Si la formation doctorale doit amener le doctorant à développer une perspective à la fois générale au regard des habiletés de recherche et spécifique à son domaine de recherche (Ntebutse, Jutras et Joly, 2013), se pose la question des compétences essentielles que doivent démontrer les chercheurs en éducation. Après avoir présenté un bref aperçu sur les compétences au cœur des nouvelles orientations de la formation des chercheurs dans différents contextes (européen, canadien, australien, etc.), nous exposons celles qui devraient être développées par les chercheurs en éducation, en prenant en compte le fait que les problématiques abordées ici sont le lieu de foisonnement de divers positionnements épistémologiques.
Tous reconnaissent que l’éducation est une priorité pour le développement des personnes et de la société. La recherche constitue un moteur essentiel pour l’évolution de l’éducation. Le métier de chercheur dans ce domaine est donc de première importance. Par conséquent, ce métier doit être exercé par des chercheurs hautement qualifiés. Ces chercheurs sont appelés à œuvrer dans divers milieux, en évolution, dans différents endroits dans le monde. Ces milieux devraient pouvoir compter sur des chercheurs ayant un socle de connaissances et de compétences de base. La formation doctorale de ces chercheurs doit donc être harmonisée, rigoureuse et porteuse de formation continue.
Or, force est de constater que celle-ci varie, de façon intra-institutionnelle, selon l’équipe d’encadrement. Elle varie de plus de façon interinstitutionnelle, selon les programmes. Cette situation est problématique à l’heure où le contexte de l’exercice du métier de chercheur est pourtant de plus en plus complexe, compte tenu :
– de la mondialisation;
– de la mobilité internationale;
– de la francophonie dans un monde où la recherche se développe fortement en anglais;
– de la complexité méthodologique;
– de l’intégration et de l’évolution des technologies numériques;
– des compétences périphériques au processus de recherche, mais néanmoins fortement sollicitées chez les chercheurs, notamment celles relatives à la gestion de projet;
– du transfert de connaissances attendu;
– des enjeux éthiques liés à l’évolution des méthodes;
– de la rareté des fonds de recherche;
– de la création de doctorats professionnels (il faut désormais préciser, en plus des compétences inhérentes à la production de connaissances scientifiques, les compétences requises pour l’amélioration de l’action professionnelle grâce à la recherche).
Compte tenu de cette problématique, ce colloque vise à explorer l’idée de la création d’un référentiel de compétences pour la formation des chercheurs francophones en éducation.
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