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Viviane Yargeau
Les stations d'épuration d'eaux usées constituent des sources ponctuelles de contamination et règlementer leurs rejets par des analyses chimiques présente de nombreux défis. L'utilisation de tests biologiques in vitro (bioessais) est donc proposée comme méthode complémentaire afin d'évaluer des risques potentiels la qualité des eaux usées traitées. Le ERa-CALUX® (BDS, Amsterdam) a été utilisé comme bioessai in vitro pour évaluer l'estrogénicité d'eaux environnementales : influents et effluents recueillis à trois stations d'épuration et eaux de surface. Les échantillons ont été préparés par extraction en phase solide (cartouches Waters® MCX et MAX) et analysés par chromatographie en phase liquide couplée à la spectrométrie de masse haute résolution (LC-HRMS) pour quantifier 18 composés indicateurs. Les résultats indiquent que les effluents des stations ont une activité estrogénique (de 1,1 à 13,7 ng E2 EQ/L) nettement inférieure à celle des échantillons d'influents correspondants (26,6 - 173 ng E2 EQ/L). Les concentrations de 17α-éthinylestradiol (EE2) étaient généralement en dessous de la limite de détection. Cela suggère que la présence d'autres composés contribuant à l'activité estrogénique. Ces résultats soulignent l'importance de l'utilisation des essais biologiques en complément aux analyses chimiques lors de l'évaluation de la qualité des eaux usées traitées et de l'impact potentiel des rejets d'eaux usées sur les écosystèmes récepteurs.
Ce colloque est la suite, mais aussi l’extension, des quatre colloques Ferdinand Bonn organisés précédemment dans le cadre du Congrès de l’Acfas (colloque 626 en 2006, 620 en 2007, 616 en 2008 et 114 en 2014). Depuis 2007, il rend hommage au professeur Ferdinand Bonn décédé tragiquement en 2006, expert international et spécialiste en gestion de l’eau par bassin versant et en observation de la Terre par télédétection.
Cette année, nous aimerions ouvrir ce colloque à toutes les matrices de l’environnement (eau, air, sol, poussières…), toujours dans un cadre environnement-santé. Pour l’organisation de ce colloque, Estelle Baurès, ingénieure de recherche au LERES (Laboratoire d’étude et de recherche en environnement et santé) à l’EHESP (École des hautes études de la santé publique, Rennes, France), aura comme partenaire québécois Hubert Cabana (professeur à l’Université de Sherbrooke). C’est donc avec le concours de ces deux établissements que le contenu scientifique du colloque sera programmé. La problématique « gestion de notre environnement et risque pour notre santé » sera abordée avec la question « quelles actions pour réduire les risques? ». Il est important d’envisager ces actions en considérant l’accroissement des pressions environnementales liées aux activités humaines et les changements globaux en lien avec le climat et les territoires qui influent sur la qualité de notre environnement. Ces phénomènes nécessitent de mieux prendre en compte tous les impacts sur : 1) la qualité des eaux destinées à la consommation humaine telles que les eaux potables, de baignade, de loisirs; 2) la qualité de l’air ambiant en lien avec les activités humaines et l’urbanisation de nos territoires; 3) la qualité des sols et des sédiments; et enfin 4) celle de notre environnement intérieur (l’air et les poussières), puisque nous y passons 80 % de notre temps. L’influence de notre environnement sur notre santé ou sur la santé des populations les plus sensibles comme les enfants est connue; une partie de notre recherche est orientée sur les actions afin de réduire les risques.