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Le modèle de développement en Bolivie a toujours été basé sur l'exportation des matières premières, principalement des minéraux, etactuellementsur l'exploitation du gaz. Les gouvernements se sont toujours proposésde "cultiver les exportations" pour parvenir à l'industrialisation et à l'amélioration des conditions de vie des habitants. Avec l'arrivée au pouvoir du MAS, le parti politique d'Evo Morales (2006) et avec les prix des matières premières à son plus haut niveau depuisdes décennies, la population attendait de nombreuses réalisations. Après 10 ans au pouvoir, le gouvernement, même s'il a contribué à réduire considérablement la pauvreté, n'a pas réussi à sortir à la Bolivie de l'extractivisme.Le pays est toujours plongédans ce modèle, de plus en plus tributaire des exportations de «commodities». Étant donné que les prix du gaz, des minéraux et du soja sont en baisse, trouver de nouvelles sources de matières premières est un impératif pour le gouvernement qui envisage dès lors d'ouvrir les zones protégées et les territoires autochtones à l'exploitation des richesses. Ceci suscite des résistances de la part des ONG, des mouvements environnementaux et des populations affectées, qu'elles soient autochtones ou métisses.Le gouvernement,loin de favoriser un débat sur ces questions importantes (modèle de développement, extractivisme, droits), s'est proposé de réduire au silence les médias critiques et les ONG, ainsi que de coopter et de diviser les mouvements sociaux.
Liant les expertises de trois centres de recherches spécialisés en droit international et en relations internationales, le colloque présentera des travaux interuniversitaires et multidisciplinaires portant sur les enjeux que pose l’exploitation des ressources naturelles et extractives.
La première session est organisée par le Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société (CIRDIS), qui apporte sa contribution aux études internationales en abordant les questions scientifiques de manière à renouveler les approches et les pratiques dans le domaine du développement. Cette session a pour objectif de démontrer comment les projets qui y sont menés participent, par la rencontre interdisciplinaire, au renouvellement de la réflexion sur la question des ressources naturelles.
La deuxième session, mise sur pied par le Centre d’études sur le droit international et la mondialisation (CEDIM), met en question le rôle que jouent le droit et les institutions internationales dans la promotion de l’extractivisme comme modèle de développement. Adoptant une perspective critique et une approche interdisciplinaire, les conférenciers mettront en lumière des mécanismes juridiques facilitant l’extractivisme, et ce, à travers des études de cas de régions différentes.
Dans la troisième session, proposée par le Groupe de recherche sur les espaces publics et les innovations politiques (GREPIP), il sera question du néoextractivisme, devenu une stratégie économique majeure pour les gouvernements latino-américains au cours de la dernière décennie. Des collectivités, de larges coalitions et des mouvements sociaux se sont de plus en plus opposés aux politiques néoextractivistes et ont ainsi généré de profondes critiques, non seulement par rapport aux choix économiques, mais également en ce qui concerne les conséquences politiques. Cette session examinera certaines de ces expériences dans une tentative de définir les contours de nouvelles visions politiques issues de ces mouvements sociaux.