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Sharam Alijani : NEOMA Business School
Cette communication a pour objet d'examiner l'origine et le processus de développement du secteur informel au sein des économies des pays en développement et leur impact sur l'entrepreneuriat, les acteurs sociaux, la croissance économique. Notre étude met en lumière le rôle des entrepreneurs dans l'évolution du secteur informel et le développement de la finance alternative face aux contraintes imposées par la rareté des ressources. Notre recherche s'appuie sur les indicateurs du secteur informel des pays sélectionnés (Banque mondiale, 2012, 2015, OCDE, 2006) afin de mesurer l'impact des institutions et des réseaux formels et informels sur les activités des secteurs non régulés (North, 1990 ; Williamson, 1985; OCDE, 2003, Pfau-Effinger, 2009 ; Enste, 2002, Williams, 2013 ; Mathias et al. 2015). Plus particulièrement, nous tentons à appréhender les rapports qu'entretiennent les acteurs sociaux (i.e. investisseurs, entrepreneures, entreprises,…) en lien avec la finance alternative (Belleflamme et al., 2013, 2014 ; Mollick, 2014 ; Armendtriz et Morduch, 2005 ; Yunus, 2003) et l'organisation du travail et des tontines (Servet, 1990 ; Diop, 2007 ; Horn, 2005 ; Bonner et Spooner, 2011, OIT, 2002). Il est ainsi démontré que les liens multiples entre les acteurs au sein de l'économie informelle sont générateurs de nouvelles dynamiques entrepreneuriales à l'échelle micro, méso et macro.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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