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Jean-Francois Lacombe : UQO - Université du Québec en Outaouais
Mon travail de recherche création se situe à la lisière entre le design et les arts visuels. À travers mes projets multidisciplinaires, j'invente de nouveaux espaces de rencontres qui s'adressent autant à notre intellect qu'à notre sensualité. L'idée centrale qui motive mon travail est la façon dont nous habitons la ville. En fait, comment nous entrons en relation avec les autres et l'environnement. Mon expérience de designer graphique met l'idée de communication en avant-plan dans ma pratique. Mon désir est de créer de nouveaux lieux qui nous permettent de recoloniser l'espace imaginaire de la ville. Des lieux qui d'investissent les interstices qui subsistent entre l'utilisateur (l'humain) et le site (la ville), et qui nous permettent d'envisager de nouvelles façons d'habiter notre monde actuel. En fait, de nous ouvrir à d'autres possibilités en marge des usages programmés. J'aime raconter, avec les matériaux qui me sont miens, des récits qui permettent l'émergence de nouvelles possibilités.
Ce colloque interdisciplinaire en recherche-création propose de rassembler chercheurs et créateurs en littérature et en arts pour réfléchir à ce que représente le terrain vague dans l’imaginaire contemporain. Espace interlope à la mémoire souvent stratifiée, le terrain vague peut être vu comme un espace-temps transitoire vers une réinvention et une réappropriation. Également symbole d’une vacance, ce waste land ou no man's land peut aussi avoir une fonction salvatrice, à la fois jachère nécessaire et lieu de réappropriation du pouvoir citoyen. Il peut en ce sens susciter des intérêts politiques ou financiers : les promoteurs voient en lui un potentiel à développer, ce qui explique peut-être sa raréfaction au sein des villes. Ces rapports de pouvoir ne sont pourtant pas le seul avenir envisageable : cet espace liminaire, source de liberté et d’inventivité, demande à être déchiffré symboliquement autant qu’à être défriché matériellement; son caractère marginal fait de lui une matrice à nouvelles idées et nouveaux regards sur le monde. À cet égard, il peut offrir l’image de la disposition mentale que nécessitent tant la recherche que la création. Il peut alors conserver son statut de terrain vague et indéfini de façon plus pérenne, être valorisé comme tel et se laisser apprivoiser et réinventer par des actions communautaires ou esthétiques.
Quelques pistes de réflexion (non exhaustives) : où (sur le plan autant spatial que métaphorique) se situe le terrain vague? Comment s’intègre-t-il (ou non) dans un périmètre plus large? À quelles figures donne-t-il naissance? Par qui et comment est-il investi, dans les faits et dans l’imaginaire? Quels enjeux éthiques ou esthétiques pose-t-il? Quels rapports de force ou quelles relations se nouent autour du terrain vague? Quels genres de poétiques engendre-t-il? Quels genres littéraires ou langages esthétiques l’investissent? Comment explorer les strates mémorielles et les processus de sédimentation de ce genre d’espace?
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