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La notion de rétrochoc culturel : une pièce manquante pour le développement de compétences interculturelles efficaces

DG

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Danielle Gratton : Université de Montréal

Résumé de la communication

Un travail de formatrice et de consultante auprès d'intervenants issus autant de la société d'accueil québécoise que de groupes minoritaires a permis de mettre en évidence le peu d'importance habituellement accordée aux difficultés rencontrées par les intervenants majoritaires. Généralement, on leur demande, effectivement, de résoudre une série de problèmes complexes à travers une simple ouverture à l'autre. Écartant ainsi de leurs expériences interculturelles des situations qui les questionnent, les blessent ou encore les laissent sans moyens, comme leurs collègues de différentes origines ethnoculturelles. Une attention portée à ces situations met en évidence comment la notion de choc culturel, une notion fondatrice en relations interculturelles, est insuffisante pour cerner la complexité des expériences interculturelles puisqu'elle ne renvoie pas à son propre groupe humain. La notion de rétro-choc culturel est proposée afin de combler ce vide conceptuel, permettant ainsi de revisiter les notions de centration et décentration, pour penser les personnes des sociétés occidentales comme étant aussi porteuses de culture. Ce passage vers une approche interculturelle systémique et contextuelle aide le développement d'un modèle de compétences interculturelles individuelles et organisationnelles. Et mieux comprendre les nouvelles conditions de l'inclusion en contextes pluriethniques, cela autant pour les immigrants que pour les personnes qui les reçoivent.

Résumé du colloque

S’il est vrai que les métropoles des pays industrialisés sont maintenant entrées dans l’ère de la « super-diversité » (Vertovec, 2007), il est également vrai que les majorités et les groupes minoritaires en contexte urbain vivent de plus en plus des « vies parallèles » (Cantle, 2001). Face à cette nouvelle donne démographique, la ville – depuis toujours un point de rencontre entre les personnes d’origines diverses – devient un espace pour l’articulation de nouvelles formes d’appartenance politique et citoyenne (Holston, 2008). L’interculturel dans la cité fait allusion à une notion de l’espace public inspirée par la cité grecque – un territoire qui correspond à une communauté de sujets libres et autonomes régie par des lois. Cependant, de nos jours, les principes les plus chers à la cité – l’égalité, la liberté d’expression et la délibération – sont remis en question par des situations qui nous laissent tous sans repères : zonage de lieux de culte, surveillance du langage dans les médias, utilisation des fonds publics pour des activités « ethniques », présence des symboles religieux dans la fonction publique, adaptation des services en contexte d’intervention, et bien d’autres. La remontée du conservatisme provoqué par ces changements culturels et démographiques alimente la discrimination à l’égard des immigrants et contredit, parfois de façon spectaculaire, les discours officiels sur les valeurs démocratiques. Par conséquent, il serait porteur de concevoir la ville interculturelle comme espace citoyen (Purcell, 2003), et plusieurs disciplines se tournent vers l’échelle municipale pour comprendre les aspects interculturels de la citoyenneté (White et Rocher, 2014). Cette orientation signifie de tenir compte des interactions à l’échelle du quartier mais aussi dans les différents contextes officiels et institutionnels. C’est dans ce sens que l’analyse des dynamiques interculturelles dans l’espace urbain nous force à repenser nos modèles d’inclusion sociale et de participation politique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 11 mai 2016

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