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La professionnalisation des universités québécoises examinée par le biais de la construction et de la planification des programmes d'études

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Émilie Tremblay : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au Québec, la professionnalisation des études universitaires est une réalité de longue date. L'intégration de disciplines dites professionnelles et le développement de formation en alternance en témoignent. Plus récemment, on note la croissance de programmes d'études plus professionnalisants, comme les maîtrises et les doctorats professionnels, et le développement de programmes de courte durée (certificats, microprogrammes, DESS, etc.). La recherche d'une adéquation formation-emploi est-elle plus présente aujourd'hui dans les processus de planification de l'offre de formation dans les universités québécoises ? Une étude récente (Doray, Tremblay et Groleau, 2015) s'est intéressée à cette question afin de mieux comprendre comment l'enjeu de la professionnalisation était présent dans les cadres intellectuels balisant les processus de construction et de planification des programmes. Dans cette communication, nous poserons, tout d'abord, quelques repères historiques quant au développement de la professionnalisation dans le champ universitaire québécois. Puis, nous présenterons les résultats de notre étude, qui montre que l'enjeu de la professionnalisation est présent dans les cadres de référence qui façonnent la planification et le remaniement des programmes d'études, mais que son influence est somme toute relative. Enfin, nous réfléchirons aux impacts de la professionnalisation des études universitaires sur les parcours et l'expérience des étudiants et des étudiantes.

Résumé du colloque

Les années 1960 ont été caractérisées par une transformation importante de l’enseignement supérieur et universitaire : massification de l’éducation, expansion des universités et création de nouveaux établissements. Depuis quelques années, une nouvelle phase de mutations en cours se répercute sur la mission de l’enseignement supérieur, ses orientations, son rôle social et les ressources qui lui sont consacrées. Tous ces aspects sont l’objet de nombreux débats. Au Québec, le Printemps érable a constitué un point culminant à cet égard. De nombreuses inquiétudes sont présentes : sous-financement, accès réduit aux études, orientation de l’université, soumission trop grande aux impératifs économiques, incapacité à réduire les inégalités sociales et scolaires, etc. Dans un tel contexte, il est impératif de réfléchir sur la situation de l’enseignement supérieur, de mieux comprendre les mutations en cours et d’en saisir la genèse.

Certaines mutations, d’ordre politique ou institutionnel, sont largement conditionnées par la transformation des politiques publiques (introduction du nouveau management public, des politiques de la réussite, de nouveaux modes de gouvernance et de nouveaux modes d’attribution des ressources économiques). À cet égard, il paraît essentiel de s’intéresser à l’articulation entre les politiques publiques et les modes d’intervention des différents acteurs afin de dégager le sens et la nature des changements réalisés.

D’autres transformations tiennent à la composition sociale de la population étudiante, à la transformation de l’expérience éducative ainsi qu’à la multiplication et à la diversification des parcours éducatifs. On constate que la massification de l’éducation n’a pas mené à l’élimination des inégalités scolaires, mais à leur recomposition. L’analyse historique et longitudinale de ces mutations ouvre une voie originale pour mieux les comprendre.

Il y a aussi un grand intérêt à examiner, autant que faire se peut, les articulations entre les mutations institutionnelles et la différenciation des parcours. Comment les politiques influent-elles sur les parcours et sur l’expérience des étudiants? Comment les parcours scolaires ont-ils conduit à des transformations de l’institution universitaire?

Notre objectif est de nous interroger sur ces processus, par une analyse portant à la fois sur la formation et la transformation du champ moderne de l’enseignement supérieur au Québec et au Canada. Il s’agira de dégager les diverses formes d’inégalités sociales et scolaires, en particulier les inégalités de parcours, en tenant compte de l’évolution du champ de l’enseignement supérieur afin de saisir les interactions entre les décisions et les mécanismes mis en œuvre à l’échelle politique et institutionnelle, d’une part, et les expériences scolaires des étudiants, d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Nicolas Bastien
section icon Date : 11 mai 2016

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