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Sylvain Houle : École des Sciences de la Gestion (ESG) - UQAM
Depuis plusieurs années, le domaine de l'évaluation est devenu un champ scientifique et professionnel en effervescence. En effet, nous avons pu assister à la prolifération de modèles théoriques et méthodologiques majoritairement développés par d'imminents théoriciens en évaluation. À cet égard, plusieurs auteurs ont milité en faveur de la participation des parties prenantes au sein d'une démarche évaluative. Les bénéfices découlant de leur participation ont été abondamment documentés. D'un point de vue méthodologique, des outils ont été conçus dans le but de guider l'évaluateur dans son processus de sélection des parties prenantes. Malgré cela, la seule présence de ces dispositifs méthodologiques est insuffisante pour générer un jugement crédible en évaluation. Comment peut-on expliquer ce constat ? C'est au niveau de l'attitude de l'évaluateur que nous tournons notre regard afin de proposer des pistes de réflexion. En effet, nous nous interrogerons sur : 1) le degré de conviction de l'évaluateur de la contribution des parties prenantes dans une démarche évaluative ; 2) les difficultés vécues par l'évaluateur lors du processus de sélection des parties prenantes et 3) la collaboration des parties prenantes dans le partage d'information pertinente. À travers ces différents volets, il est opportun de se questionner sur la place accordée par l'évaluateur à l'intuition dans l'exercice de sa pratique professionnelle.
L’évaluation de programme se définit comme une collecte systématique d’informations afin ultimement de porter un jugement sur sa qualité et d’émettre des recommandations. Son caractère transdisciplinaire a permis l’émergence de fondements, de modèles théoriques et d’une méthodologie qui lui sont propres, ce qui a grandement contribué à baliser les opérations menant à la formulation d’un jugement. Si les théoriciens du domaine ont surtout transmis dans le passé leurs réflexions découlant de leur expérience, ils ont pris conscience ces dernières années de la contribution essentielle de la recherche. La problématique qui émerge actuellement, et qui fait l’objet d’un grand nombre de publications scientifiques, est indéniablement l’interaction avec les parties prenantes. Initialement, on a envisagé de les intégrer au sein de la démarche afin d’assurer la crédibilité et l’utilisation des résultats. Cependant, avec le temps, on valorise de plus en plus leurs compétences culturelles et politiques, qui doivent être prises en considération pour assurer le succès de la démarche. Ils apportent aussi contribution de façon significative au moment de la conception des choix stratégiques et méthodologiques ainsi qu’à celui de l’interprétation des données. Il appert aussi que leur contribution et les interactions revêtent des spécificités selon les domaines disciplinaires (p. ex., santé, éducation, intervention psychosociale...) et les secteurs d’intervention (p. ex., gouvernemental et paragouvernemental, communautaire...). Ainsi, quelles sont ces spécificités? Et comment peut-on apprendre à bonifier le cadre théorique?