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Emanuelle Ferraris : INRS - Institut Armand Frappier
Le DEHP est un plastifiant omniprésent dans notre environnement. Plus de 10 millions de tonnes sont produites chaque année pour rendre les plastiques plus souples. On les retrouve dans notre alimentation, les cosmétiques, les jouets, le matériel médical, etc. Le DEHP est facilement relâché dans l'environnement puisque sa liaison aux polymères de plastiques est faible, faisant en sorte que l'exposition humaine à ce perturbateur endocrinien est chronique. Sa présence, de même que celle de son métabolite, le mEHP, a été détectée dans différentes matrices humaines dont le lait maternel. Des études ont démontré que ces phthalates pourraient influencer l'activité des "Peroxisome Proliferated-activator receptors" (PPARs), des acteurs importants dans l'homéostasie de l'énergie cellulaire. Une exposition au DEHP pourrait provoquer un déséquilibre dans le métabolisme lipidique, altérer la prolifération et la différenciation cellulaire et augmenter les risques de développer un cancer du sein. L'objectif de ce projet est de déterminer les effets d'une exposition au DEHP et au mEHP sur la prolifération et sur la modulation des caractéristiques tumorigéniques des cellules de l'épithélium mammaire. Nous présenterons des résultats obtenus sur des cellules T47D et des cellules hTERT-HME1 exposées à des doses environnementales de DEHP et de mEHP pendant sept jours. L'identification des mécanismes moléculaires impliqués dans la toxicité du DEHP permettra de mieux connaître les risques associés.
La pollution diffuse se caractérise par une émission provenant simultanément de plusieurs sources. Contrairement à la pollution ponctuelle, souvent massive, dont la source est locale et identifiable, la pollution diffuse provient de rejets sur toute la surface d’un territoire et elle est entraînée par percolation et ruissellement des eaux. Dans le temps et dans l’espace, la pollution diffuse et la pollution ponctuelle évoluent différemment. Chacune pose des défis particuliers. Toutes deux soulèvent la même question : quel est l’impact des contaminants aux concentrations retrouvées dans l’environnement?
La pollution diffuse met les toxicologues et les décideurs en matière de réglementation aux prises avec le concept fondamental émis par Paracelse : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison. » Dès lors, comment mesurer la contamination? Quel niveau devient toxique? De nombreuses recherches sont menées afin de suivre et quantifier la contamination dans les écosystèmes, identifier les espèces sensibles, caractériser les mécanismes de toxicité, évaluer les impacts sur des populations. Toutes ces informations sont nécessaires à l’évaluation du risque. Mieux comprendre pour prévenir et, surtout, mieux agir.
Le colloque couvrira ces thèmes à l’aide d’exemples : traçage d’une source d’émission par approche isotopique, pollution diffuse issue de nos activités agricoles, dont le cas du glyphosate et de ses produits de dégradation, contaminants émergents dans les eaux usées, incluant les produits pharmaceutiques. Nous traiterons aussi de transfert trophique, de toxicité chez les espèces fauniques et chez l’humain. Chercheurs, ministères, ONG et étudiants nous feront part de leur expérience, de leurs objectifs et de leurs défis.
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