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Jean Claude ATANGANA : MAC FIDUCIAIRE
Il faudra que nos Etats captent leur quote part dans la richesse générée par l'économie informelle.
L'Economie informelle est une chance pour l'Afrique. Mais les outils que l'on utilise pour la mesurer et l'estimer ne me semblent pas pertinents pour apprécier son impact sur l'économie du pays. Mon résumé sera essentiellement composé de faits vécus.
Exemple 1 : Une dame vend quotidiennement en quelques heures 100 mets de poisson devant un bar. Sa recette moyenne journalière est de FCFA 50 000 (100 USD), soit FCFA 1 500 000 (3000 USD) par mois.
Exemple 2 : Un vendeur de viande de mouton braisée égorge cinq moutons par jour. D'après mes estimations, il réalise un chiffre d'affaires minimal journalier de FCFA 1000 000 (2000 USD).
A l'échelle d'un pays comme le Cameroun, ils sont des millions à animer l'Economie informelle, ou l'économie tout court. A l'échelle du continent, ils sont des centaines de millions. Les deux agents économiques ci-dessus ne paient aucun impôt, ni taxe. Ils ne sont répertoriés dans aucun fichier administratif comme créateur de richesses. A vrai dire ils ne font l'objet d'aucune considération de la part de la société, car, considérés comme chômeurs, voire même pauvres. Le sont-ils vraiment ? Ils parviennent pourtant largement à subvenir à leurs besoins primaires, voire même plus : manger, se loger, se vêtir, se soigner, scolariser leurs enfants, et même épargner.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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