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Le modèle montréalais de « ville interculturelle » : une analyse comparée Europe-Québec

MM

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Marta Massana Macià : Université de Montréal

Résumé de la communication

Le profil démographique des métropoles, tant en Europe qu'en Amérique du Nord, est de plus en plus diversifié. Cette nouvelle ère de la «superdiversité» soulève des opportunités, mais aussi de nouveaux défis plaçant l´enjeu de l'intégration des immigrants au cœur des débats publics dans les espaces urbains. Plusieurs recherches signalent la ville, plutôt que l'État-Nation, comme l'échelle favorisant le rapprochement entre des citoyens d´origines ethniques diverses. Elles jouent un rôle de premier plan dans les processus d'accueil et d'intégration. Le cas de Montréal est particulièrement intéressant. Avec plus de 25 ans d'expérience, cette ville est devenue un foyer d´expertise en matière d´intégration et de gestion de la diversité. Le rayonnement de Montréal comme «cité interculturelle» francophone soulève l'intérêt à documenter et analyser son évolution afin de pouvoir comparer avec d'autres «villes interculturelles» du Conseil de l'Europe. Pour cela, nous avons développé un modèle d'analyse comparatif des programmes et des politiques des villes interculturelles que nous avons croisés avec des données ethnographiques qui concernent la mise en place des politiques publiques. L'ensemble de ces analyses nous permet de faire ressortir le caractère distinct de Montréal, une ville qui se trouve souvent à cheval entre les modèles multiculturaliste canadien et interculturaliste québécois. D'autres observations sont aussi tirées de cette étude comparative.

Résumé du colloque

S’il est vrai que les métropoles des pays industrialisés sont maintenant entrées dans l’ère de la « super-diversité » (Vertovec, 2007), il est également vrai que les majorités et les groupes minoritaires en contexte urbain vivent de plus en plus des « vies parallèles » (Cantle, 2001). Face à cette nouvelle donne démographique, la ville – depuis toujours un point de rencontre entre les personnes d’origines diverses – devient un espace pour l’articulation de nouvelles formes d’appartenance politique et citoyenne (Holston, 2008). L’interculturel dans la cité fait allusion à une notion de l’espace public inspirée par la cité grecque – un territoire qui correspond à une communauté de sujets libres et autonomes régie par des lois. Cependant, de nos jours, les principes les plus chers à la cité – l’égalité, la liberté d’expression et la délibération – sont remis en question par des situations qui nous laissent tous sans repères : zonage de lieux de culte, surveillance du langage dans les médias, utilisation des fonds publics pour des activités « ethniques », présence des symboles religieux dans la fonction publique, adaptation des services en contexte d’intervention, et bien d’autres. La remontée du conservatisme provoqué par ces changements culturels et démographiques alimente la discrimination à l’égard des immigrants et contredit, parfois de façon spectaculaire, les discours officiels sur les valeurs démocratiques. Par conséquent, il serait porteur de concevoir la ville interculturelle comme espace citoyen (Purcell, 2003), et plusieurs disciplines se tournent vers l’échelle municipale pour comprendre les aspects interculturels de la citoyenneté (White et Rocher, 2014). Cette orientation signifie de tenir compte des interactions à l’échelle du quartier mais aussi dans les différents contextes officiels et institutionnels. C’est dans ce sens que l’analyse des dynamiques interculturelles dans l’espace urbain nous force à repenser nos modèles d’inclusion sociale et de participation politique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 11 mai 2016

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