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Lara Gautier : Université de Montréal
En Afrique, le financement basé sur les résultats (FBR) représente un exemple typique de politique majoritairement promue et financée par les bailleurs de fonds internationaux, et dont la pérennité au niveau national s'avère de fait incertaine. À travers une approche interdisciplinaire, nous proposons une analyse des processus multidimensionnels de légitimation du FBR aux niveaux international, continental (Afrique) et national (Mali). Nous utilisons un cadre théorique empruntant à la science politique, l'économie politique, la psychologie et la santé publique, pour décortiquer les cheminements de l'adoption du FBR au Mali. À la suite d'une analyse préliminaire sémantique et bibliométrique de la littérature, et d'une enquête exploratoire à Bamako, trois constats principaux émergent : i) l'existence d'une « communauté épistémique » du FBR très active aux niveaux international et continental, gravitant autour d'une « élite politique » du FBR plus restreinte composée de consultants et représentants des principaux bailleurs de fonds qui produisent et diffusent les connaissances sur le FBR; ii) au Mali, d'anciens fonctionnaires du gouvernement ont montré un engagement fort en faveur du FBR après avoir suivi une formation et visité un pays expérimenté; iii) ces « promoteurs nationaux » présentent le FBR comme la suite logique des politiques de décentralisation tout en éludant la question de la mobilisation de ressources internes visant à pérenniser l'approche FBR.
Liant les expertises de trois centres de recherches spécialisés en droit international et en relations internationales, le colloque présentera des travaux interuniversitaires et multidisciplinaires portant sur les enjeux que pose l’exploitation des ressources naturelles et extractives.
La première session est organisée par le Centre interdisciplinaire de recherche en développement international et société (CIRDIS), qui apporte sa contribution aux études internationales en abordant les questions scientifiques de manière à renouveler les approches et les pratiques dans le domaine du développement. Cette session a pour objectif de démontrer comment les projets qui y sont menés participent, par la rencontre interdisciplinaire, au renouvellement de la réflexion sur la question des ressources naturelles.
La deuxième session, mise sur pied par le Centre d’études sur le droit international et la mondialisation (CEDIM), met en question le rôle que jouent le droit et les institutions internationales dans la promotion de l’extractivisme comme modèle de développement. Adoptant une perspective critique et une approche interdisciplinaire, les conférenciers mettront en lumière des mécanismes juridiques facilitant l’extractivisme, et ce, à travers des études de cas de régions différentes.
Dans la troisième session, proposée par le Groupe de recherche sur les espaces publics et les innovations politiques (GREPIP), il sera question du néoextractivisme, devenu une stratégie économique majeure pour les gouvernements latino-américains au cours de la dernière décennie. Des collectivités, de larges coalitions et des mouvements sociaux se sont de plus en plus opposés aux politiques néoextractivistes et ont ainsi généré de profondes critiques, non seulement par rapport aux choix économiques, mais également en ce qui concerne les conséquences politiques. Cette session examinera certaines de ces expériences dans une tentative de définir les contours de nouvelles visions politiques issues de ces mouvements sociaux.
Thème du colloque :