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Dimitri Régis Balima : Université Joseph Ki-Zerbo
Informer les populations africaines sur les questions nationales, notamment au sujet des activités gouvernementales reste la principale vocation des médias publics audiovisuels en Afrique. Toutefois, l'autre vocation est de favoriser la connaissance et le rayonnement des différentes identités culturelles. Au regard du contenu des chaînes de télévision et de radio publiques, l'on s'aperçoit que les émissions à caractère culturel supplantent les news en terme de fréquence et de temps.
La mission culturelle de secteur public est surtout une volonté politique qui répond au souci affiché de construire au mieux l'unité nationale et depuis quelques années à l'intégration africaine. Au regard du potentiel recouvrement du territoire national, des images, du son, l'audiovisuel public reste une arme culturelle majeure au Burkina Faso. Cette recherche s'appuie sur l'observation des politiques audiovisuelles et des réalités locales, à travers des documents audiovisuels et la grille des programmes mais aussi à partir d'un travail de terrain dans lequel observations et entretiens des acteurs impliqués prennent une part importante. L'objectif est de montrer comment durant un peu plus de 60 ans le secteur audiovisuel a œuvré dans le sens du rapprochement interculturel des populations, contribuant ainsi, dans un premier temps à l'édification progressive d'une nation et dans un second temps à l'intégration africaine.
Le thème de l’harmonisation des relations interculturelles constitue un enjeu central de nos sociétés. Avec l’augmentation des flux migratoires et la mondialisation des enjeux politiques associés aux différences culturelles, la question des relations interculturelles devient récurrente dans l’actualité mondiale. Plusieurs événements récents rendent encore plus pertinente l’idée de s’interroger sur les enjeux, les stratégies, les obstacles et les pratiques liés à l’harmonisation des relations interculturelles. Au Québec, après la crise des « accommodements raisonnables » vint la crise sur la charte des valeurs, puis la crise du Niqab. L’exemple de la crise des réfugiés en Europe permet de mettre en question les stratégies diplomatiques et politiques des États pour accepter ou refuser un nombre conséquent d’individus jugés non intégrables. La crise en Syrie, les attaques de Boko Haram ou les attentats de Bamako, de Beyrouth, de Paris et de Tunis suggèrent une reconfiguration de la géopolitique et des intérêts stratégiques avec en toile de fond une lutte contre les terroristes transnationaux ou sectaires.
Face à une situation de déliquescence du débat public concernant le rapport à l’autre, le colloque vise à réfléchir aux stratégies nécessaires pour l’harmonisation des relations interculturelles. Quel est le rôle des dispositifs institutionnels et de la vie associative dans cette conciliation? La participation citoyenne par l’exercice des droits politiques, sociaux et culturels et par l’entremise des espaces de dialogue constitue-t-elle des lieux de pratique du vivre ensemble grâce à une négociation collective? Comment les différents acteurs (organisations internationales, gouvernements, organismes communautaires ou individus) interprètent-ils la situation actuelle? Outre la religion et les médias, quels sont les autres facteurs favorisant ou empêchant l’harmonisation des relations interculturelles? Quelles stratégies d’intervention sont mobilisées entre les centres et les périphéries à l’échelle locale et à l’international?
Les organisateurs remercient le CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) pour le financement d’une recherche partenariale qui a rendu possible la tenue de ce colloque.
Titre du colloque :