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Le rôle des intermédiaires dans l'assujettissement des travailleurs agricoles migrants au Mexique

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Sara LARA FLORES : UNAM - Universidad Nacional Autónoma de México

Résumé de la communication

Près de la frontière avec les États-Unis, au Sonora, se trouve une enclave agricole de production de raisin de table pour l'exportation. Il s'agit de grandes entreprises modernes qui rentrent en concurrence avec la production de la Californie et du Chili sur le marché nord-américain.

Pour faire face à cette compétition accrue, les entreprises utilisent des travailleurs migrants, originaires de petits villages de paysans autochtones pauvres du sud du pays. La connexion entre les entreprises et les villages, situés à plus de 2000 km de distance, est assurée par des intermédiaires (« enganchadores »). Mais le rôle de ces intermédiaires ne s'arrête pas là. Une fois rendu dans les lieux de travail ils doivent assurer la rentabilité des travailleurs peu habitués au rythme du travail salarié.

La mise en place de la discipline nécessaire à l'usage de cette main d'œuvre est possible grâce à l'établissement de relations paternalistes propres aux sociétés agraires patriarcales qui s'exercent aussi bien dans les campements, propriétés des fermes où ils vivent, que durant la journée de travail.

Dans cette communication je cherche à réfléchir sur la notion de contrôle proposée par Burawoy, et sur le rôle du paternalisme dans l'assujettissement des travailleurs agricoles migrants dans le cas de l'agriculture moderne mexicaine.

Résumé du colloque

Malgré un contexte politique marqué par le développement de plans de lutte nationaux (Canada, 2012; Brésil, 2007; É.-U., 2013) et internationaux contre les formes d’exploitation au travail dénoncées sous le registre de l’esclavage moderne, le marché mondial du travail reste traversé de formes d’exploitation au travail combattues par ces plans : exploitation sexuelle, travail forcé, travail infantile ou encore servitude pour dettes. Beaucoup de produits vendus sur les marchés internationaux sont fabriqués dans des conditions dénoncées comme relevant de l’esclavage moderne à des fins de rentabilité : vêtements, chaussures, chocolat, fruits et légumes, acier, bois… phénomène illustrant comment l’économie capitaliste néolibérale et globale fait de la précarisation des travailleurs l’une de ses caractéristiques. Le contexte contemporain des Amériques n’échappe pas à cette réalité.

S’appuyant sur des études de cas situées dans différents pays des Amériques (Canada, Brésil, Mexique, etc.), ce colloque cherchera à comprendre les logiques et les formes de l’exploitation au travail, liées ou non à la migration. À cette fin, il mettra en question dans chaque cas les spécificités des relations de travail et de dépendances tout en examinant de quelle manière celles-ci prennent place ou non dans un contexte politique d’économie globale conduisant à normaliser objectivement ou subjectivement ces conditions de travail, malgré des discours et des plans de lutte contre la traite humaine et l’esclavage moderne. Il s’agira donc d’étudier tant les contextes des politiques migratoires pour les travailleurs agricoles au Canada et au Québec, par exemple, que les manières dont certains travailleurs se résignent, sous des formes de servitude volontaire, à travailler dans des conditions de travail non libre, notamment au Brésil, pour comprendre comment se construisent les frontières légales, sociales et morales de l’exploitation au travail dans les Amériques aujourd’hui.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Alexis Martig
section icon Date : 11 mai 2016

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