Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
David BERRYMAN : Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques
Depuis les années 1990, des chercheurs découvrent de plus en plus de nouvelles substances dans notre environnement. Une équipe de recherche qui découvre un nouveau contaminant est souvent amenée à pousser ses recherches sur ce dernier, dans un processus de spécialisation sur une substance ou une famille de substances. Les autorités gouvernementales responsables du suivi de l'état de l'environnement se trouvent dans une situation fort différente : étant situées en aval de la recherche, elles doivent faire face à la multiplicité des substances mises au jour par les différentes équipes de recherche. Ainsi, depuis le début des années 2000, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a réalisé des études sur la présence de plusieurs contaminants émergents dans les cours d'eau du Québec. Pour des raisons de coûts et d'efficacité, le suivi de ces substances ne se fait pas dans le cadre des grands réseaux réguliers de suivi de la qualité de l'eau, mais plutôt par des études spéciales, visant des produits, des objectifs et des sites particuliers. En plus de faire connaître les concentrations de certains contaminants émergents dans nos cours d'eau, ces études ont mis en évidence les effets des premières interventions règlementaires visant ces substances. Un regard rétrospectif sur ces études permettra d'en dégager les principaux constats et les principaux acquis expérientiels pour le MDDELCC.
La pollution diffuse se caractérise par une émission provenant simultanément de plusieurs sources. Contrairement à la pollution ponctuelle, souvent massive, dont la source est locale et identifiable, la pollution diffuse provient de rejets sur toute la surface d’un territoire et elle est entraînée par percolation et ruissellement des eaux. Dans le temps et dans l’espace, la pollution diffuse et la pollution ponctuelle évoluent différemment. Chacune pose des défis particuliers. Toutes deux soulèvent la même question : quel est l’impact des contaminants aux concentrations retrouvées dans l’environnement?
La pollution diffuse met les toxicologues et les décideurs en matière de réglementation aux prises avec le concept fondamental émis par Paracelse : « Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison. » Dès lors, comment mesurer la contamination? Quel niveau devient toxique? De nombreuses recherches sont menées afin de suivre et quantifier la contamination dans les écosystèmes, identifier les espèces sensibles, caractériser les mécanismes de toxicité, évaluer les impacts sur des populations. Toutes ces informations sont nécessaires à l’évaluation du risque. Mieux comprendre pour prévenir et, surtout, mieux agir.
Le colloque couvrira ces thèmes à l’aide d’exemples : traçage d’une source d’émission par approche isotopique, pollution diffuse issue de nos activités agricoles, dont le cas du glyphosate et de ses produits de dégradation, contaminants émergents dans les eaux usées, incluant les produits pharmaceutiques. Nous traiterons aussi de transfert trophique, de toxicité chez les espèces fauniques et chez l’humain. Chercheurs, ministères, ONG et étudiants nous feront part de leur expérience, de leurs objectifs et de leurs défis.
Titre du colloque :
Thème du colloque :