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Joseph Keutcheu : Université de Dschang
La présente communication se propose de comprendre une question devenue cruciale dans le développement urbain en Afrique subsaharienne en général et au Cameroun en particulier : le transport informel par motos-taxis. Sur la base d'une enquête qualitative menée dans des villes camerounaises, l'étude montre comment ce mode de transport informel modèle l'espace public camerounais, réinvente la ville et participe in fine à la construction de l'ordre politique camerounais. Menée dans la perspective de la sociologie de l'action publique, la réflexion se déploie autour de deux axes principaux. Dans un premier temps, on rend compte de la construction progressive de ce mode de transport en problème public. On démontre ainsi comment le phénomène de motos-taxis devient une préoccupation à l'échelle nationale au point de susciter débats et décisions publics.Dans un second temps, on scrute l'action publique qui se saisit de cette activité dans le sens de sa régulation ou de sa « formalisation ». Ce faisant, on voit se développer une logique de gouvernementalité marquée par une sorte de « consensus ambigu » entre acteurs, une forme de conciliation entre le retour de l'imperium étatique et le « laisser-faire » dans une activité économiquement porteuse et politiquement explosive.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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