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Maryse Potvin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Il existe un large consensus international sur l'importance de la formation interculturelle et inclusive du personnel scolaire pour, à la fois, tenir compte des réalités, besoins et droits des élèves, notamment des groupes minoritaires, développer leurs capabilités (Nussbaum 2012) et les préparer à vivre ensemble dans une société pluraliste et démocratique. Cette communication s'intéresse au développement des compétences professionnelles du personnel scolaire pour agir en contexte de diversité, à partir: 1) des grands constats émergeant d'une cartographie de la formation initiale du personnel sur la pluriethnicité dans les universités québécoises et 2) des convergences qui se dégagent des différents courants théoriques en éducation relatifs aux rapports ethniques, à la justice sociale et au vivre-ensemble, qui nous avons définis sous quatre grands vocables: l'éducation interculturelle ou multiculturelle, antiraciste et critique, à la citoyenneté démocratique et aux droits humains, et l'éducation inclusive (Potvin & al. 2013, 2015a). Nous présentons d'abord les principaux fondements de ces courants théoriques en dégageant leurs objectifs communs et les dimensions de compétence du personnel scolaire qui font consensus chez les théoriciens. Nous exposons ensuite deux modèles de compétences interculturelles et inclusives en éducation, développés par un groupe de travail interuniversitaire au sein de l'Observatoire sur la formation à la diversité et l'équité (Potvin & al. 2015b).
Éduquer, former dans un monde problématique, dans une société en quête de sens et de repères, est particulièrement complexe, car cela exige à la fois d’exercer sa capacité éthique (Ricoeur, 2001; 1991), de ne pas laisser s’imposer un régime de vérité(s) (Bourgeault, 2012), de ne pas laisser chacun à sa ou ses vérités (Reboul, 1999) et de ne pas laisser dans l’ignorance (T. De Koninck, 2000; Leroux, 2012), etc. Dit autrement, cela exige de nous interroger sur l’enseignement véritable, soit l’enseignement à la vérité qui libère par la liberté (Reboul, 1977, p. 95).
Or, pour libérer, la neutralité de l’enseignement n’est pas une solution mais une abdication à éduquer, à former. En fait, renoncer à éduquer pour ne pas influencer revient à abandonner les enfants aux influences les moins contrôlables (Idem, p. 64). À ce propos, T. De Koninck (2010) en appelle à la transmission de la culture pour vaincre la nouvelle ignorance. Il recourt également à la valeur absolue de la personne, sa dignité. La reconnaissance mutuelle de la dignité de tous les membres de la famille humaine, sans exception, pour paraphraser le philosophe, représente la fin et le repère de l’enseignement véritable. Il s’agit du rempart premier contre l’intimidation, le harcèlement, la discrimination, l’endoctrinement, la radicalisation, l’indifférence.
Nombre de chercheurs (en éducation, en philosophie morale et politique, en sociologie, en sciences cognitives, etc.) apportent des pistes de réflexions et proposent des approches philosophiques, théoriques et pédagogiques qui peuvent nous inspirer. Le présent colloque vise à présenter certaines de ces réflexions et approches pour que l’école élève vers un respect plus effectif de la dignité humaine, pour que cette valeur phare pénètre davantage les consciences (T. De Koninck, 2010).
Thème du colloque :