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Les usages du malade : aspects « utilitaires » des interactions en milieu hospitalier à Bruxelles (1870-1930)

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Valérie Leclercq : Université libre de Bruxelles

Résumé de la communication

Dans l'hôpital de la fin du 19e et du début du 20e siècle, le corps des malades pauvres est l'objet de nombreuses sollicitations. Objet de la leçon clinique, il est également présenté par les médecins hospitaliers dans les sociétés savantes ; il est matière de recherche, d'expérimentation ; mort, il est disséqué pour le bénéfice des étudiants et autopsié pour celui des pathologistes. L'administration hospitalière, les religieuses, les infirmiers se reposent en outre sur sa capacité laborieuse pour assurer le fonctionnement quotidien de l'institution. La réalité de ces différents usages est au cœur de la relation qui unit soignants et malades au sein de l'hôpital. Les pratiques « utilitaires » hospitalières définissent des espaces, des temps d'interactions, des gestes – souvent non-thérapeutiques – qui leur sont propres ; elles nourrissent les suspicions du public pauvre à l'encontre de ceux qui les soignent ; elles influencent aussi le regard des soignants envers les malades qui deviennent « matériel clinique », matière d'entraînement, etc. Basé sur l'analyse d'un corpus d'archives hospitalières et de publications éthico-juridiques, cet exposé cherchera à montrer comment les pratiques « utilitaires » se déploient dans l'hôpital, comment celles-ci sont encadrées par le discours déontologique de l'époque et sont perçues par les patients.

Résumé du colloque

Loin de se réduire à un simple colloque singulier entre le médecin et son patient, les questions de santé et de maladie impliquent une pluralité d’acteurs engagés dans des relations multiples. Des interactions au sein d’une équipe de soins au dialogue entre un malade et ses proches, en passant par les relations entre un patient et son infirmière, son ostéopathe ou son pharmacien, les rapports entre médecins généralistes et médecins spécialistes ou encore les liens des professionnels de santé à l’administration ou au gouvernement, le monde de la santé est tissé d’une multitude de liens aux formes variées et parfois inattendues. Encore trop rarement traités en tant que tels par l’histoire de la santé, ils en constituent pourtant le cœur vivant puisqu’ils incarnent l’expérience même du soin.

C’est pour combler ce vide historiographique que ce colloque entend se pencher sur l’histoire contemporaine des relations qui traversent, modèlent et déterminent le champ de la santé physique autant que mentale. Tout en explorant leur pluralité et leur diversité dans le monde francophone, cette rencontre se voudra une occasion d’affirmer les relations de santé comme un objet historique à part entière. Du développement des différentes professions de soins à l’émergence et à la prolifération des sciences et technologies médicales, en passant par la médicalisation des consciences et des territoires, la normalisation déontologique et légale des cadres du soin, l’affirmation du patient comme acteur et agent de sa santé ou la transformation des rapports entre santé et société, l’étude historique des relations de santé au cours des 19e et 20e siècles nous offrira l’occasion d’aborder de manière originale l’histoire contemporaine de la santé, tout en participant à l’éclairage, aujourd’hui nécessaire, des fondements historiques et épistémologiques de notre rapport actuel, parfois éminemment conflictuel, à la santé et à ses professionnels.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Alexandre Klein
section icon Date : 11 mai 2016

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