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Raphael Nkakleu : Université de Douala
A l'instar de la plupart des pays africains, le secteur informel au Cameroun est constitué essentiellement des entrepreneurs aux pieds nus (Imas, 2012), qui sont des entrepreneurs de l'économie de la débrouillardise (Benjamin et Mbaye 2012). Ils contribuent de façon significative à la réduction de la pauvreté, et des inégalités par la création de l'auto-emploi (La Porta et Shleifer, 2011, Bernajee et Duflo, 2011 ; Mbaye et al. 2014). Nonobstant une demande sociale, politique et académique forte, l'entrepreneuriat informel, en particulier des femmes exerçant des activités informelles reste mal connu, pourtant les conclusions des études (GEM, 2012) indiquent que 120 millions de femmes dans 67 pays dans le monde créent ou gèrent de nouvelles entreprises (Leger-Jarniou et al, 2015). Partant de la littérature sur les motivations entrepreneuriales (Reynolds et al. 2002 ; Gabarett, 2015), nous avons adopté une approche compréhensive pour mener une étude exploratoire basée sur une étude de cas de 60 entrepreneurs aux pieds nus dans la ville de Douala (Cameroun). Les résultats établissent l'existence : i) des motivations mélangées au sens de Verheul et al (2010), c'est-à-dire des motivations entrepreneuriales à la fois économiques et non économiques (essentiellement sociales) ; ii) des différences de facteurs motivationnels entre les hommes et femmes entrepreneures informels ; iii ; des difficultés entrepreneuriales et managériales à des degrés différents.
Le poids grandissant du secteur informel dans les économies, notamment dans l’emploi au sein des pays à faible revenu, impose de l’inscrire parmi les priorités des gouvernements et de la communauté internationale en matière de développement. Ses nombreuses implications en termes de productivité, de compétitivité, d’environnement des affaires et de qualité des emplois offerts en font l’un des défis majeurs à la diversification de ces économies vers des activités plus productives dans les secteurs agricoles et industriels, et à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales. De toute évidence, l’informel présente des avantages pour les pays à faible revenu du fait des emplois générés et du rôle de soupape de sécurité qu’il joue vis-à-vis des segments les plus défavorisés de la population. D’un autre côté, il induit un niveau de productivité plus faible, de substantiels manques à gagner fiscaux, des niveaux de précarité indescriptibles sur les emplois créés et une dualité dans l’environnement des affaires mettant en péril le cadre réglementaire.
À la lumière des expériences de plusieurs pays de l’espace francophone, ce colloque se propose de faire un état des lieux détaillé du secteur informel, tel qu’il apparaît dans plusieurs régions du monde, à travers une approche factuelle nécessaire pour des politiques publiques basées sur des évidences scientifiques. Le colloque fournit une occasion unique de traiter à la fois des causes, des manifestations, des formes et des conséquences de l’informel, avec des compétences locales et internationales, et dans une approche pluridisciplinaire et multiculturelle. Les mécanismes, modalités et politiques de transition vers l’économie formelle seront également abordés.
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