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Mutations récentes des universités québécoises : effet de système de nature financière

MM

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Martin Maltais : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Pour l'année 2015-16, la majorité des universités prévoient enregistrer un déficit de fonctionnement découlant de la baisse marquée du financement de la fonction enseignement par le gouvernement. Certaines universités sont moins affectées, en particulier celles qui ont une faculté de médecine ou qui œuvrent exclusivement en génie. Pourtant, au cours des années 1990, le développement des activités en médecine, en sciences et en génie était souvent rendu possible par les surplus dégagés par d'autres disciplines. Les prévisions budgétaires actuelles sont donc étonnantes. L'analyse préliminaire de données financières inédites suggère l'existence d'un effet de système causé par deux phénomènes concomitants. Le premier concerne la pression exercée, depuis les années 1990 et au début des années 2000, pour réduire les dépenses des disciplines « molles ». Cette pratique, qui permettait de dégager des surplus pour financer les disciplines plus « dures », a eu pour effet de sous-estimer les « coûts réels observés » des disciplines « molles » et de surestimer les « coûts réels observés » pour les disciplines « dures ». Le second phénomène est la classification comme activités d'enseignement d'une partie des salaires de direction et de gérance de certaines universités. Cette pratique est très fréquente dans les universités avec faculté de médecine, et importantes dans certaines disciplines. Elle accentue la surestimation des « coûts réels observés », en particulier pour les disciplines « dures ».

Résumé du colloque

Les années 1960 ont été caractérisées par une transformation importante de l’enseignement supérieur et universitaire : massification de l’éducation, expansion des universités et création de nouveaux établissements. Depuis quelques années, une nouvelle phase de mutations en cours se répercute sur la mission de l’enseignement supérieur, ses orientations, son rôle social et les ressources qui lui sont consacrées. Tous ces aspects sont l’objet de nombreux débats. Au Québec, le Printemps érable a constitué un point culminant à cet égard. De nombreuses inquiétudes sont présentes : sous-financement, accès réduit aux études, orientation de l’université, soumission trop grande aux impératifs économiques, incapacité à réduire les inégalités sociales et scolaires, etc. Dans un tel contexte, il est impératif de réfléchir sur la situation de l’enseignement supérieur, de mieux comprendre les mutations en cours et d’en saisir la genèse.

Certaines mutations, d’ordre politique ou institutionnel, sont largement conditionnées par la transformation des politiques publiques (introduction du nouveau management public, des politiques de la réussite, de nouveaux modes de gouvernance et de nouveaux modes d’attribution des ressources économiques). À cet égard, il paraît essentiel de s’intéresser à l’articulation entre les politiques publiques et les modes d’intervention des différents acteurs afin de dégager le sens et la nature des changements réalisés.

D’autres transformations tiennent à la composition sociale de la population étudiante, à la transformation de l’expérience éducative ainsi qu’à la multiplication et à la diversification des parcours éducatifs. On constate que la massification de l’éducation n’a pas mené à l’élimination des inégalités scolaires, mais à leur recomposition. L’analyse historique et longitudinale de ces mutations ouvre une voie originale pour mieux les comprendre.

Il y a aussi un grand intérêt à examiner, autant que faire se peut, les articulations entre les mutations institutionnelles et la différenciation des parcours. Comment les politiques influent-elles sur les parcours et sur l’expérience des étudiants? Comment les parcours scolaires ont-ils conduit à des transformations de l’institution universitaire?

Notre objectif est de nous interroger sur ces processus, par une analyse portant à la fois sur la formation et la transformation du champ moderne de l’enseignement supérieur au Québec et au Canada. Il s’agira de dégager les diverses formes d’inégalités sociales et scolaires, en particulier les inégalités de parcours, en tenant compte de l’évolution du champ de l’enseignement supérieur afin de saisir les interactions entre les décisions et les mécanismes mis en œuvre à l’échelle politique et institutionnelle, d’une part, et les expériences scolaires des étudiants, d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Nicolas Bastien
section icon Date : 11 mai 2016

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