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Sophie Ethier : Université Laval
Avec le vieillissement de la population, on fait face à une augmentation du nombre de personnes atteintes de trouble de mémoire. Le maintien de la participation sociale de ces personnes joue un rôle prépondérant dans le maintien de leur identité et de leur autonomie tout en favorisant un sentiment d'appartenance. Toutefois, la stigmatisation reliée aux problèmes de mémoire provoque souvent l'exclusion sociale. Qu'est-ce qui contraint réellement cette participation? L'étude visait à documenter la perception des intervenants, des bénévoles et des usagers quant à la place des personnes atteintes de troubles de mémoire en centre communautaire de loisir afin d'identifier des pistes d'action pour soutenir leur participation. Sept rencontres de groupes de discussion focalisées dans trois régions du Québec (Montréal, Québec et Drummondville) réunissant 44 personnes ont permis de comprendre les enjeux autour de cette question. Bien que d'emblée favorables à une société solidaire au sein de laquelle coexistent des personnes ayant des fragilités multiples, les participants ne sont pas tous convaincus de la possibilité, voire de la nécessité de recruter, d'inclure ou de garder celles dont la mémoire défaille. L'intégration de ces personnes dans les centres communautaires comporte de nombreux défis tant au plan relationnel qu'organisationnel. Cette intégration questionne notamment notre rapport au vieillissement cognitif et aux valeurs de performance dans un milieu pourtant inclusif.
La participation sociale est l’un des trois piliers du modèle de vieillissement actif mis de l’avant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2002). Cette participation n’est toutefois pas simple à exercer pour certains groupes d’aînés (handicapés, avec atteintes cognitives, souffrant de maladie mentale, etc.) qui souvent font face à de la stigmatisation (Goffman, 1975) pouvant limiter leur participation sociale. L'INSPQ précise que « la stigmatisation est un problème particulièrement aigu du fait qu’elle puisse renforcer des inégalités sociales et de santé déjà présentes » (Désy et Filiatraut, 2013, p. 2). Cette stigmatisation devient alors une forme sociétale de maltraitance. Ceci est préoccupant si l’on considère le rôle de la participation pour un vieillissement actif (OMS, 2002). En effet, le maintien d’une participation sociale est déterminant non seulement pour la qualité de vie, mais aussi pour la santé physique et mentale de ces aînés. Des équipes de recherche, dont plusieurs sont associées à l’axe Interaction et soutien social du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement, se sont intéressées à cette question cruciale. Le présent colloque s’ouvrira par une réflexion sur la stigmatisation à laquelle peuvent faire face certains groupes d’aînés. Ensuite, le colloque proposera d’approfondir la compréhension des déterminants de la participation sociale des aînés à risque d’exclusion à travers les résultats de diverses études. Puis, les participants seront invités à explorer des avenues propices à optimiser un tel engagement chez cette population avec des présentations de chercheurs et de représentants des milieux de la pratique. Le dialogue de chercheurs et d’intervenants issus des milieux de la pratique permettra un échange de connaissances intéressant quant à la question de la participation sociale des aînés à risque d’exclusion et apportera un éclairage sur les pistes à approfondir pour la recherche.