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Martine ROBERGE : Université Laval
S'il est un rite de passage qui a traversé les époques et qui perdure dans les sociétés de l'hypermodernité, c'est bien le rituel du mariage. Qu'est-ce qui explique cette aussi grande résistance alors que d'autres rites de passage sont nettement en déclin? À cet égard, plusieurs chercheurs ont souligné la plasticité du rituel, ses nombreuses transformations et adaptations pour être en phase avec les aspirations des individus qui s'y investissent. Le mariage semble à ce point flexible qu'il aurait la possibilité de se réinventer continuellement. Mais avec quelle inventivité ce rite se renouvelle-t-il? Si la personnalisation constitue un trait constant des ritualisations du mariage contemporain, offrant ainsi de multiples occasions d'« interpréter » le rituel, sa signification demeure-t-elle inchangée? L'examen de deux nouvelles séquences rituelles, des séances de photographies photobooth et trash the dress, qui prennent place depuis peu dans les ritualisations du mariage nous permet de nous interroger sur la créativité rituelle de certains comportements inédits et leur attachement à des valeurs symboliques renouvelées. Mises en scène et singulièrement orchestrées, ces séances photographiques proposent de nouvelles formes de ritualisation aux divers acteurs du rite, marié-e-s comme invité-e-s, où la performativité et la théâtralité sont centrales.
Les rites religieux et les passages liés au cycle de la vie, dont la concordance caractérisait les sociétés traditionnelles, n’ont plus nécessairement lieu dans nos sociétés hypermodernes. Les baptêmes, les mariages et les rites funéraires religieux persistent. Toutefois, d’autres formes rituelles, qui prétendent souligner les passages de la vie individuelle ou sociale, apparaissent dans le paysage contemporain. Comment se structurent les identités dans l’actualité? Quel rôle la ritualité y joue-t-elle?
L’étude des rites de passage accompagne le développement des sciences humaines et sociales dès les intuitions fondatrices de Van Gennep jusqu’à la liminalité de Victor Turner, la théorisation de l’individualisation par David Le Breton et, plus récemment, la critique rituelle de Ronald Grimes de même que le constat de la transformation et de l’émergence de nouveaux rites de passage par Martine Roberge. Entretemps, des approches interdisciplinaires se sont développées unissant notamment des chercheurs de différents domaines tels que théologie et psychologie, histoire et philosophie, anthropologie et neurosciences, linguistique et arts. En parallèle, les conditions et le contexte de la recherche se sont élargis et ont favorisé la globalisation médiatique et économique, si bien qu’un regard multi ou interculturaliste s’impose.
Le colloque « Les rites de passage aujourd’hui : enjeux et perspectives » prétend rouvrir et relancer le débat par l’entremise de l’analyse critique des approches et des méthodologies des études rituelles, ainsi que de la description ethnographique des rites de passage — autant classiques que nouveaux, religieux que profanes.
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