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Membre a labase
Emilie Raymond : Université Laval
Des recherches montrent que d'avoir des incapacités peut moduler l'implication dans des milieux « réguliers » de participation. Considérant les bénéfices de la participation sociale pour la santé, il importe que tous les aînés aient un accès égal ou équivalent aux espaces participatifs. Les membres de la Compagnie des jeunes retraités du Plateau de Charlesbourg ont décidé de réfléchir à cette question. Afin d'accompagner l'implantation et l'évaluation d'une politique d'inclusion, ils ont entrepris une recherche-action participative. La première phase visait à faire un portrait de la situtation relative à la participation de personnes ayant des incapacités. Les données issues d'entretiens individuels et de groupes de discussion ont permis de constater qu'il existe des situations d'exclusion à la CJR liées aux capacités réelles ou perçues de certains membres. Trois points de vue seront explorés : celui d'une personne ayant des incapacités qui souhaite participer; celui d'un membre n'ayant pas d'incapacités dont l'activité serait modifiée par la politique d'inclusion; et celui d'un responsable d'activité. L'analyse des résultats éclaire les défis posés par l'intention de mieux inclure les personnes ayant des incapacités, notamment par rapport à la méconnaissance de leur réalité et à la rhétorique du fardeau associée au projet d'inclusion. Si incapacités et participation ne sont pas jugées antagoniques, elles apparaissent difficilement conciliables sur le plan symbolique comme matériel.
La participation sociale est l’un des trois piliers du modèle de vieillissement actif mis de l’avant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2002). Cette participation n’est toutefois pas simple à exercer pour certains groupes d’aînés (handicapés, avec atteintes cognitives, souffrant de maladie mentale, etc.) qui souvent font face à de la stigmatisation (Goffman, 1975) pouvant limiter leur participation sociale. L'INSPQ précise que « la stigmatisation est un problème particulièrement aigu du fait qu’elle puisse renforcer des inégalités sociales et de santé déjà présentes » (Désy et Filiatraut, 2013, p. 2). Cette stigmatisation devient alors une forme sociétale de maltraitance. Ceci est préoccupant si l’on considère le rôle de la participation pour un vieillissement actif (OMS, 2002). En effet, le maintien d’une participation sociale est déterminant non seulement pour la qualité de vie, mais aussi pour la santé physique et mentale de ces aînés. Des équipes de recherche, dont plusieurs sont associées à l’axe Interaction et soutien social du Réseau québécois de recherche sur le vieillissement, se sont intéressées à cette question cruciale. Le présent colloque s’ouvrira par une réflexion sur la stigmatisation à laquelle peuvent faire face certains groupes d’aînés. Ensuite, le colloque proposera d’approfondir la compréhension des déterminants de la participation sociale des aînés à risque d’exclusion à travers les résultats de diverses études. Puis, les participants seront invités à explorer des avenues propices à optimiser un tel engagement chez cette population avec des présentations de chercheurs et de représentants des milieux de la pratique. Le dialogue de chercheurs et d’intervenants issus des milieux de la pratique permettra un échange de connaissances intéressant quant à la question de la participation sociale des aînés à risque d’exclusion et apportera un éclairage sur les pistes à approfondir pour la recherche.
Thème du colloque :