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Marie-Germaine Chartrand : Université Sainte-Anne
Nous cernerons dans cette communication la problématique de la communauté acadienne et francophone de la Nouvelle-Écosse en matière d'éducation à la petite enfance en adoptant une perspective communautaire. Notamment, nous soulignerons les enjeux du secteur, l'urgence d'agir ; et présenterons des éléments de recherche critiques au contrôle et à l'autonomie de la petite enfance par cette communauté.
En Nouvelle-Écosse, la minorité de langue officielle prend un sérieux retard quant à l'implantation de programmes de la petite enfance même si le Centre provincial de ressources
préscolaires s'est approprié d'un modèle intégré pour la livraison de services aux familles qui inspire la majorité. Le financement pour des programmes et services de la petite enfance arrive trop souvent à compte-goutte et des décennies après ceux de la majorité. De plus, les centres de la petite enfance (CPE) francophones agréés en province sont sporadiques et varient grandement d'une région à l'autre. Ceux-ci sont gérés par des conseils d'administration bénévoles, souvent composés de parents.
Nous affirmerons dans cette communication que, suite à la lutte de la gestion scolaire des années 1990, les parents acadiens et francophones doivent trouver leur voix, exercer leurs droits, et, s'il faut, retourner à la Charte canadienne des droits et libertés pour obtenir l'autonomie décisionnelle de la petite enfance en Nouvelle-Écosse.
Dans La question du pouvoir en Acadie, Léon Thériault affirme : « Jamais, dans notre histoire récente, n’a-t-il été aussi urgent de susciter le débat sur cette grave question. » Cet appel au débat lancé en 1982 nous paraît tout aussi pertinent aujourd’hui, notamment dans un contexte où les communautés francophones minoritaires au Canada ont l’impression de faire les frais d’un déficit de pouvoir à divers niveaux.
Le pouvoir se décline de multiples façons, selon les disciplines universitaires ou les lieux d’action de la société civile. En plus de réfléchir à la manière dont les francophones participent au sein des lieux de pouvoir, on peut s’intéresser aux contenus éducatifs des cursus scolaires touchant l’histoire et l’identité francophones pour évaluer quelles représentations du pouvoir ils véhiculent ou quels types d’engagements civiques ils promeuvent. On peut aussi se pencher sur les rapports de pouvoir qu’entretient le secteur économique de la francophonie canadienne avec celui de la majorité ou même avec les représentants des communautés francophones. De plus, le pouvoir est une notion contestée, de sorte que la définition que l’on confère au concept tend à manifester une position idéologique, voire des intérêts politiques. Le pouvoir devient une question d’autant plus urgente à l’heure du néolibéralisme, de la fragmentation de la sphère publique et d’une diversité culturelle grandissante.
En proposant ces pistes critiques, nous souhaitons que ce colloque constitue un point de rencontre où les débats que suscite ce questionnement ouvrent sur des réflexions renouvelées. Dans cet esprit, nous invitons les chercheurs à partager leurs recherches et leurs expériences sur trois axes — l’exercice du pouvoir, les représentations du pouvoir, le pouvoir et les élites — en plus d’autres enjeux particuliers aux milieux dans lesquels chacun évolue en lien avec la problématique.
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