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Pour une étude du religieux au musée : le cas des arts de l'islam à Paris et à Toronto

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Diletta Guidi : Université de Montréal

Résumé de la communication

Paris, Berlin, Londres, New York, Washington, Honolulu, Copenhague, Athènes, Toronto, voici seulement quelques unes des villes qui abritent des musées consacrés à l'islam. Depuis quelques années, on assiste à une sorte d'islamania muséale : de plus en plus d'institutions culturelles, majoritairement européennes et nord-américaines, décident d'investir dans ce secteur artistique. En dépit de cette présence numériquement importante, il n'existe quasiment aucune étude en sciences sociales sur la place de l'islam au musée.

Pourtant, et c'est la thèse de cette communication, s'intéresser à la présence de l'islam dans les institutions culturelles permet de réfléchir à un certain nombre de questions importantes relatives à l'histoire des représentations et à la sociologie de l'État. A travers une comparaison entre le cas français et l'exemple canadien nous allons en effet montrer qu'enquêter sur la nature et la place réservées à la « religion musulmane » et / ou à la « culture islamique » dans les musées c'est interroger à la fois les imaginaires publics et l'action politique, le rapport qu'entretiennent les gouvernements avec leur passé colonial (en France) et leur présent multiculturel (au Canada). A travers la comparaison franco-canadienne cette communication se propose de visibiliser un terrain scientifique jusqu'à présent peu exploré malgré la richesse des données qu'il est susceptible de fournir. C'est une invitation à la visite.

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 11 mai 2016

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