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Guillaume Sirois : Université de Montréal
La notion de gouvernance permet d'envisager les processus complexes, faits à la fois de coopérations et de confrontations, par lesquels les sociétés démocratiques sont dirigées. Dans cette perspective, l'étude des groupes de la société civile s'avère être un élément pour comprendre les dynamiques de pouvoir à l'œuvre. Cette communication propose une étude de la campagne menée par la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) avant et après le dévoilement du premier plan d'action gouvernemental sur les langues officielles en 2003. Si le plan a généralement été bien accueilli par les groupes communautaires de la francophonie canadienne, il en a été tout autre dans le secteur culturel. En effet, la FCCF a alors vivement dénoncé l'absence d'un axe « arts et culture » dans le plan et a mené une importante campagne qui mobilisa des intervenants du secteur. Cette communication analyse les raisons qui expliquent cette réaction née de malentendus entre les différents intervenants impliqués dans le développement du plan. L'analyse est basée sur une étude historique effectuée à partir des archives de la FCCF et sur une série d'entrevues avec des individus qui se trouvaient alors des deux côtés du conflit (groupes de la société civile et représentants gouvernementaux). Cette étude de cas permet de mieux cerner la nature du pouvoir que peuvent exercer les groupes de la société civile, et suggère également quelques enseignements sur les moyens à mettre en place lors de telles campagnes.
Dans La question du pouvoir en Acadie, Léon Thériault affirme : « Jamais, dans notre histoire récente, n’a-t-il été aussi urgent de susciter le débat sur cette grave question. » Cet appel au débat lancé en 1982 nous paraît tout aussi pertinent aujourd’hui, notamment dans un contexte où les communautés francophones minoritaires au Canada ont l’impression de faire les frais d’un déficit de pouvoir à divers niveaux.
Le pouvoir se décline de multiples façons, selon les disciplines universitaires ou les lieux d’action de la société civile. En plus de réfléchir à la manière dont les francophones participent au sein des lieux de pouvoir, on peut s’intéresser aux contenus éducatifs des cursus scolaires touchant l’histoire et l’identité francophones pour évaluer quelles représentations du pouvoir ils véhiculent ou quels types d’engagements civiques ils promeuvent. On peut aussi se pencher sur les rapports de pouvoir qu’entretient le secteur économique de la francophonie canadienne avec celui de la majorité ou même avec les représentants des communautés francophones. De plus, le pouvoir est une notion contestée, de sorte que la définition que l’on confère au concept tend à manifester une position idéologique, voire des intérêts politiques. Le pouvoir devient une question d’autant plus urgente à l’heure du néolibéralisme, de la fragmentation de la sphère publique et d’une diversité culturelle grandissante.
En proposant ces pistes critiques, nous souhaitons que ce colloque constitue un point de rencontre où les débats que suscite ce questionnement ouvrent sur des réflexions renouvelées. Dans cet esprit, nous invitons les chercheurs à partager leurs recherches et leurs expériences sur trois axes — l’exercice du pouvoir, les représentations du pouvoir, le pouvoir et les élites — en plus d’autres enjeux particuliers aux milieux dans lesquels chacun évolue en lien avec la problématique.
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