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Martin Chadoin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Cette communication a pour objectif de présenter et décrire une intervention ergonomique développée pour faire converger les orientations stratégiques avec les réalités opérationnelles du terrain dans une petite municipalité du Québec. Face aux problèmes de retards et d'erreurs latentes qui engendrent une non-atteinte des objectifs, la directrice générale épaule ses équipes, se retrouvant aspirée vers le bas. Cela l'éloigne de son autre mission auprès des élus municipaux : les conseiller et les informer de la charge de travail de leurs employé.es. Pour ces élus, le travail devient invisible ! Les ergonomes mettent alors en place une méthodologie d'intervention basée sur des groupes de travail par service, et inter-service, dans lesquels ils souhaitent faire émerger un outil de gestion afin de révéler le travail réel aux yeux de tous. Ces groupes s'animent autour d'un outil permettant aux employé.es d'échanger avec la direction générale sur la complexité de la réalité. Des groupes de travail avec les élus ont également lieu afin de structurer la décision stratégique sur la base du travail réel.
De cette intervention, 4 questions de recherche émergent :
Quel est le travail réel du gestionnaire municipal ?
Qu'est-ce qui, dans le travail réel, doit être rendu visible ?
De quelles façons le rendre visible ?
Cela représente-il un modèle alternatif de gestion ?
Cette recherche met en discussion le positionnement des ergonomes face au travail gestionnaire et aux modèles de gestion.
Les mutations actuelles du monde du travail conduisent les chercheurs en santé du travail à se mobiliser sur la question des pratiques managériales, sur des bases renouvelées. En effet, il semble que les formes de travail et leurs liens avec les risques professionnels en développement (troubles musculosquelettiques, risques psychosociaux, etc.) ne se laissent pas entièrement décoder au moyen des grilles de lecture actuelle.
Des recherches récentes de l’IRSST témoignent d’une évolution des questions qui se posent en matière de prévention. D’une part, en amont de toute manifestation de risques chez les travailleurs concernés, des situations d’innovation requièrent des analyses prospectives. Que peut-on dire, par exemple, d’un projet de développer un mode d’organisation allégé (lean)? Comment conseiller les décideurs sur la SST dans la période de structuration de nouvelles filières, de nouveaux métiers, de nouvelles lignes de production, etc.?
D’autre part, à un niveau plus microscopique, se pose aussi la question des effets des « petites » transformations (par exemple, ajout de tâches d’indicateur de performance, de contrôle qualité, de déplacement manuel des produits ou bien encore d’apprentissage, du fait des évolutions rapides des offres, des technologies, etc.). Elles touchent le contenu du travail de manière souvent progressive et sont « ambivalentes » dans leurs effets. Ces situations sont très difficiles à interpréter. On doit néanmoins prendre au sérieux l’hypothèse d’une tendance actuelle à la densification du travail ou à la réduction progressive des marges de manœuvre. De tels phénomènes sont en effet susceptibles de contribuer, dans certains cas, à une détérioration des conditions de travail et à la survenue des risques, tous types confondus.
Ces divers éléments conduisent à s’interroger sur la perspective traditionnellement adoptée en prévention des risques professionnels, laquelle émane des informations sur les risques avérés et s’efforce de remonter aux déterminants organisationnels de la situation de travail productif. Ce colloque propose de décaler le regard porté sur la situation : du travail « tel qu’il est organisé », vers le « fait même d’organiser ».
Ce colloque offre aux chercheurs qui souhaitent démarrer de nouvelles recherches dans le domaine un espace d’échange avec ceux qui ont déjà eu l’occasion de réaliser des recherches. Étant donné la complexité du sujet, il a été choisi d’avoir une ouverture permettant des discussions méthodologiques pluridisciplinaires. Ce sont ainsi des chercheurs de diverses disciplines (sociologie du travail, ergonomie, anthropologie, science de la gestion, clinique de l’activité, psychodynamique du travail, etc.) et de plusieurs nationalités qui présenteront leurs travaux et leurs questionnements.
Le colloque est constitué de quatre sessions d’une demi-journée chacune. Chaque session est close par une table ronde avec les intervenants qui la composent.
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