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Jorge Frozzini : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Différents organismes s'impliquent dans la défense des (im)migrants et nous savons que ces groupes sont diversifiés par leurs tactiques et leurs visions respectives de la société. Si l'on s'est souvent intéressé à l'action militante de ces groupes, on a pu toutefois négliger l'intérêt des apprentissages que font les personnes qui fréquentent ces milieux propices aux expériences interculturelles. Or, si des problématiques communes rassemblent des personnes de divers horizons autour de ces groupes communautaires militants, des questions profondes demeurent quant à leur cohésion et à leur organisation. On peut se demander, par exemple, quelles visions du monde obtiennent préséance au sein de tels groupes ? Ou encore quelles forces de cohésion retiennent ensemble des personnes aux parcours, aux appartenances et aux profils économiques variés ? Informé par nos observations de longue haleine à la faveur d'une implication active au sein de tels organismes, nous proposons une analyse critique mettant en relief les frictions entre résilience et combattivité et leur impact sur l'avancement ou la stagnation de la résistance aux politiques néolibérales au Canada. Cette réflexion est d'autant plus urgente qu'elle se fait dans un contexte économique difficile de précarité d'emploi et de mesures d'austérité qui affectent simultanément les conditions de vie des (im)migrants et la survie des groupes de défense.
S’il est vrai que les métropoles des pays industrialisés sont maintenant entrées dans l’ère de la « super-diversité » (Vertovec, 2007), il est également vrai que les majorités et les groupes minoritaires en contexte urbain vivent de plus en plus des « vies parallèles » (Cantle, 2001). Face à cette nouvelle donne démographique, la ville – depuis toujours un point de rencontre entre les personnes d’origines diverses – devient un espace pour l’articulation de nouvelles formes d’appartenance politique et citoyenne (Holston, 2008). L’interculturel dans la cité fait allusion à une notion de l’espace public inspirée par la cité grecque – un territoire qui correspond à une communauté de sujets libres et autonomes régie par des lois. Cependant, de nos jours, les principes les plus chers à la cité – l’égalité, la liberté d’expression et la délibération – sont remis en question par des situations qui nous laissent tous sans repères : zonage de lieux de culte, surveillance du langage dans les médias, utilisation des fonds publics pour des activités « ethniques », présence des symboles religieux dans la fonction publique, adaptation des services en contexte d’intervention, et bien d’autres. La remontée du conservatisme provoqué par ces changements culturels et démographiques alimente la discrimination à l’égard des immigrants et contredit, parfois de façon spectaculaire, les discours officiels sur les valeurs démocratiques. Par conséquent, il serait porteur de concevoir la ville interculturelle comme espace citoyen (Purcell, 2003), et plusieurs disciplines se tournent vers l’échelle municipale pour comprendre les aspects interculturels de la citoyenneté (White et Rocher, 2014). Cette orientation signifie de tenir compte des interactions à l’échelle du quartier mais aussi dans les différents contextes officiels et institutionnels. C’est dans ce sens que l’analyse des dynamiques interculturelles dans l’espace urbain nous force à repenser nos modèles d’inclusion sociale et de participation politique.
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