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Christian Agbobli : UQAM - Université du Québec à Montréal
Quoique minoritaire, mais de plus en plus présente au Québec, l'immigration provenant d'Afrique subsaharienne est l'une des moins étudiées. Pourtant, les Québécois d'origine subsaharienne contribuent à la société québécoise tout en faisant face à des défis d'intégration. Dans le cadre de cette présentation, nous nous intéressons surtout à la transmission intergénérationnelle entre les Africains francophones de première génération et leurs enfants, aux enjeux soulevés par le message transmis et à la réception qui en par le destinataire. L'objectif est d'analyser l'aspect communicationnel de la transmission de valeurs culturelles dans le contexte de l'interculturalisme québécois et de comprendre comment les valeurs sociales et morales des personnes âgées immigrantes peuvent constituer des obstacles à l'intégration de leur descendance. En effet, les résultats laissent apparaître un décalage, voire un gouffre entre les parents et les enfants, avec des conséquences sur le processus d'intégration. Dans un premier temps, un portrait de l'immigration africaine subsaharienne sera présenté ainsi que la politique d'interculturalisme choisie par le Québec. Dans un deuxième temps, la méthodologie choisie (approche qualitative compréhensive) est détaillée. Après avoir présenté les résultats de la recherche, dans un troisième temps, nous concluerons sur les actes à poser pour aider les futures générations issues de l'immigration subsaharienne dans leur processus d'intégration au Québec.
S’il est vrai que les métropoles des pays industrialisés sont maintenant entrées dans l’ère de la « super-diversité » (Vertovec, 2007), il est également vrai que les majorités et les groupes minoritaires en contexte urbain vivent de plus en plus des « vies parallèles » (Cantle, 2001). Face à cette nouvelle donne démographique, la ville – depuis toujours un point de rencontre entre les personnes d’origines diverses – devient un espace pour l’articulation de nouvelles formes d’appartenance politique et citoyenne (Holston, 2008). L’interculturel dans la cité fait allusion à une notion de l’espace public inspirée par la cité grecque – un territoire qui correspond à une communauté de sujets libres et autonomes régie par des lois. Cependant, de nos jours, les principes les plus chers à la cité – l’égalité, la liberté d’expression et la délibération – sont remis en question par des situations qui nous laissent tous sans repères : zonage de lieux de culte, surveillance du langage dans les médias, utilisation des fonds publics pour des activités « ethniques », présence des symboles religieux dans la fonction publique, adaptation des services en contexte d’intervention, et bien d’autres. La remontée du conservatisme provoqué par ces changements culturels et démographiques alimente la discrimination à l’égard des immigrants et contredit, parfois de façon spectaculaire, les discours officiels sur les valeurs démocratiques. Par conséquent, il serait porteur de concevoir la ville interculturelle comme espace citoyen (Purcell, 2003), et plusieurs disciplines se tournent vers l’échelle municipale pour comprendre les aspects interculturels de la citoyenneté (White et Rocher, 2014). Cette orientation signifie de tenir compte des interactions à l’échelle du quartier mais aussi dans les différents contextes officiels et institutionnels. C’est dans ce sens que l’analyse des dynamiques interculturelles dans l’espace urbain nous force à repenser nos modèles d’inclusion sociale et de participation politique.
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