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Un éclairage historique sur les origines de la transformation de la structure public-privé du financement de l'enseignement supérieur et ses implications

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Vincent Carpentier : University College London

Résumé de la communication

Cette communication s'inscrit dans le projet “Participation dans l'enseignement supérieur et fluctuations macro-économiques : Perspectives historique et comparative” au sein du Centre for Global Higher Education (CGHE) financé par l'Economic and Social Research Council (ESRC) à l'Institute of Education, University College London. Elle propose, à partir d'une histoire quantitative, d'examiner les relations entre les cycles économiques longs et les évolutions du niveau et de la structure publique/privée des revenus de l'enseignement supérieur au Royaume-Uni, en France et aux Etats-Unis depuis 1920. L'étude examine les implications de ces relations aux niveaux quantitatif and qualitatif, incluant non seulement leurs effets en termes d'accès et de démocratisation de l'accès, mais également ceux concernant les conditions de participation et de parcours des étudiants. L'analyse s'intéresse aux implications systémiques, mais également aux importantes questions de diversité ou d'inégalité entre institutions. L'exploration historique des sorties de crises précédentes suggère qu'une relance de l'effort public visant à inverser le mécanisme de substitution public-privée du financement de l'enseignement supérieur en cours pourrait conduire à un système soutenable, renforcé par un réalignement des questions de financement, d'équité et de qualité. Un tel changement jouerait un rôle clef dans les transformations socio-économiques contra-cycliques nécessaires à la résolution de la crise actuelle.

Résumé du colloque

Les années 1960 ont été caractérisées par une transformation importante de l’enseignement supérieur et universitaire : massification de l’éducation, expansion des universités et création de nouveaux établissements. Depuis quelques années, une nouvelle phase de mutations en cours se répercute sur la mission de l’enseignement supérieur, ses orientations, son rôle social et les ressources qui lui sont consacrées. Tous ces aspects sont l’objet de nombreux débats. Au Québec, le Printemps érable a constitué un point culminant à cet égard. De nombreuses inquiétudes sont présentes : sous-financement, accès réduit aux études, orientation de l’université, soumission trop grande aux impératifs économiques, incapacité à réduire les inégalités sociales et scolaires, etc. Dans un tel contexte, il est impératif de réfléchir sur la situation de l’enseignement supérieur, de mieux comprendre les mutations en cours et d’en saisir la genèse.

Certaines mutations, d’ordre politique ou institutionnel, sont largement conditionnées par la transformation des politiques publiques (introduction du nouveau management public, des politiques de la réussite, de nouveaux modes de gouvernance et de nouveaux modes d’attribution des ressources économiques). À cet égard, il paraît essentiel de s’intéresser à l’articulation entre les politiques publiques et les modes d’intervention des différents acteurs afin de dégager le sens et la nature des changements réalisés.

D’autres transformations tiennent à la composition sociale de la population étudiante, à la transformation de l’expérience éducative ainsi qu’à la multiplication et à la diversification des parcours éducatifs. On constate que la massification de l’éducation n’a pas mené à l’élimination des inégalités scolaires, mais à leur recomposition. L’analyse historique et longitudinale de ces mutations ouvre une voie originale pour mieux les comprendre.

Il y a aussi un grand intérêt à examiner, autant que faire se peut, les articulations entre les mutations institutionnelles et la différenciation des parcours. Comment les politiques influent-elles sur les parcours et sur l’expérience des étudiants? Comment les parcours scolaires ont-ils conduit à des transformations de l’institution universitaire?

Notre objectif est de nous interroger sur ces processus, par une analyse portant à la fois sur la formation et la transformation du champ moderne de l’enseignement supérieur au Québec et au Canada. Il s’agira de dégager les diverses formes d’inégalités sociales et scolaires, en particulier les inégalités de parcours, en tenant compte de l’évolution du champ de l’enseignement supérieur afin de saisir les interactions entre les décisions et les mécanismes mis en œuvre à l’échelle politique et institutionnelle, d’une part, et les expériences scolaires des étudiants, d’autre part.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Nicolas Bastien
section icon Date : 11 mai 2016

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