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Sophie Laughrea : Université Laval
Si les circuits alimentaires de proximité (CAP) ont connu un développement croissant ces dernières années, la pérennité de ces initiatives reste en question. Bien qu'ils puissent être valorisants et rémunérateurs pour les producteurs, les CAP amènent aussi leur lot de défis. Ils exigent une double diversification : agricole (diversification des productions), et structurelle, (transformation et de commercialisation des produits). Le producteur en CAP internalise donc différents métiers ce qui complexifie l'organisation de son travail et exige le développement de compétences et des connaissances particulières.
En réponse à ces défis, la mise en place de démarches collectives est souvent évoquée. En favorisant la mutualisation de ressources, l'action collective est serait un levier pour l'exploitation en facilitant la commercialisation en CAP et en permettant l'accès à des opportunités dont elle ne pourrait bénéficier seule. Fréquentes en France (points de vente collectifs, ateliers de transformation collectifs, ...), ces démarches restent rares au Québec et restent innovantes, au sens où elles développent de nouveaux modèles de collaboration.
Considérant que les pouvoirs publics incitent de plus en plus les producteurs à s'organiser collectivement, notre communication va chercher à explorer ce qui motive les producteurs en circuits de proximité à se regrouper, les attitudes adoptées envers leur collectif et l'impact de leurs motivations et attitudes sur la viabilité de leurs collectifs.
Depuis quelques années, diverses initiatives visant à proposer des solutions de remplacement au système alimentaire industriel se développent au Québec. Elles sont souvent portées par des organismes issus du milieu associatif. L’accent est mis sur le rapprochement entre consommateurs et producteurs, l’aspect solidaire de la démarche grâce à une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre les acteurs, le soutien à l’économie locale, la qualité des produits ou encore les avantages environnementaux d’une agriculture de proximité. Parallèlement, de nouveaux champs d’investigation s’ouvrent relativement aux bénéfices d’une gouvernance alimentaire plus locale en termes de santé et de nutrition, d’éducation au goût, d’aménagement du territoire et de réduction des kilomètres des circuits alimentaires. Ces propositions différentes recueillent l’adhésion d’une partie des consommateurs soucieux d’avoir accès à des produits sains et de qualité, et dont les conditions de production sont socialement responsables. Devant les crises que connaissent ponctuellement les principales filières agricoles, une proportion croissante d’agriculteurs cherchent à accroître la valeur ajoutée de leurs produits en les distinguant par des signes de qualité et en faisant évoluer leurs modes de commercialisation. Ces initiatives novatrices suscitent enfin l’intérêt des pouvoirs publics et en particulier des collectivités territoriales, dans la mesure où celles-ci sont susceptibles de soutenir une agriculture locale multifonctionnelle tout en offrant des produits de proximité différenciés aux citoyens.
L’objectif de ce colloque est de faire le point sur les recherches en cours au Québec portant sur ces initiatives dans leur diversité : développement des circuits alimentaires de proximité, rôle vivrier de l’agriculture urbaine, labellisations territoriales, représentations québécoises de la notion de terroir, etc. Une place sera offerte à quelques intervenants étrangers dans une perspective comparative.
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