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Nicholos Poullos : Simon Fraser University
Cette étude propose une analyse des luttes politiques pour l'éducation en français en Colombie-Britannique. Elle analyse à la fois les luttes entre les francophones et les luttes entre les francophones et les gouvernements municipaux et provincial.
Jusqu'à la fin des années 1950, les francophones en C-B envisageaient l'instruction en français dans des écoles confessionnelles. La langue française et la foi catholique étaient nouées l'une à l'autre. Pourtant, à partir du début des années 1960, un nouvel argumentaire sera avancé, trouvant pour fondement le discours émergent sur les langues officielles et les droits linguistiques. Les francophones réclameront l'établissement d'écoles françaises non-confessionnelles. Le dossier aboutira avec la création du Programme-cadre de français en 1979 et l'ouverture de la première école française homogène en 1983.
Cette étude, qui fait écho aux travaux de Behiels (Alberta, Manitoba et Ontario) et à ceux d'Hébert (Manitoba), retrace et analyse ces luttes pour l'éducation en français à partir d'une recherche dans les archives de journaux. Chose étonnante, durant les années 1950, 1960 et 1970, de nombreux leaders francophones en Colombie-Britannique prirent la plume pour publier des chroniques dans les journaux anglophones. Les archives du Vancouver Sun et du The Province (ainsi que celles du journal francophone, Le Soleil de Colombie) sont des mines d'informations pour l'étude du dossier de l'éducation et de la francophonie britanno-colombienne.
Dans La question du pouvoir en Acadie, Léon Thériault affirme : « Jamais, dans notre histoire récente, n’a-t-il été aussi urgent de susciter le débat sur cette grave question. » Cet appel au débat lancé en 1982 nous paraît tout aussi pertinent aujourd’hui, notamment dans un contexte où les communautés francophones minoritaires au Canada ont l’impression de faire les frais d’un déficit de pouvoir à divers niveaux.
Le pouvoir se décline de multiples façons, selon les disciplines universitaires ou les lieux d’action de la société civile. En plus de réfléchir à la manière dont les francophones participent au sein des lieux de pouvoir, on peut s’intéresser aux contenus éducatifs des cursus scolaires touchant l’histoire et l’identité francophones pour évaluer quelles représentations du pouvoir ils véhiculent ou quels types d’engagements civiques ils promeuvent. On peut aussi se pencher sur les rapports de pouvoir qu’entretient le secteur économique de la francophonie canadienne avec celui de la majorité ou même avec les représentants des communautés francophones. De plus, le pouvoir est une notion contestée, de sorte que la définition que l’on confère au concept tend à manifester une position idéologique, voire des intérêts politiques. Le pouvoir devient une question d’autant plus urgente à l’heure du néolibéralisme, de la fragmentation de la sphère publique et d’une diversité culturelle grandissante.
En proposant ces pistes critiques, nous souhaitons que ce colloque constitue un point de rencontre où les débats que suscite ce questionnement ouvrent sur des réflexions renouvelées. Dans cet esprit, nous invitons les chercheurs à partager leurs recherches et leurs expériences sur trois axes — l’exercice du pouvoir, les représentations du pouvoir, le pouvoir et les élites — en plus d’autres enjeux particuliers aux milieux dans lesquels chacun évolue en lien avec la problématique.
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