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Claudia Laviolette : Université Laval
En Australie comme ailleurs, des initiatives pouvant être qualifiées de réseaux alimentaires alternatifs (RSA) ont émergé au cours des dernières années : marchés publics, marques régionales, agriculture soutenue par la communauté, coopératives de commercialisation d'aliments biologiques, ... Parler d'alternative soulève d'emblée les questions suivantes : en quoi les réseaux en question diffèrent-ils de la norme ? Dans quel contexte émergent-ils et comment les influence-t-il ?
Les politiques rurales et agricoles australiennes, s'inscrivent dans un agenda néolibéral et le gouvernement australien s'applique à faire la promotion d'un modèle d'agriculture tourné vers l'exportation caractérisé par la spécialisation, l'intensification et la concentration. Dans le secteur de la distribution, trois chaînes contrôlent 70% des ventes en épicerie et près de 60% des parts du marché des aliments frais.
C'est dans ce contexte qu'ont émergé des initiatives de RSA. Pour mieux saisir les particularités du cas australien, nous présenterons celles de la région de Perth, capitale de l'Australie occidentale. Centrée sur la production céréalière et l'élevage, l'activité agricole y est fortement concentrée. Un certain nombre de cas, abordés à partir de l'ethnographie, permettront d'identifier les logiques d'action qu'on y retrouve, de même que les contraintes que posent l'environnement politique ainsi que les cultures économiques et alimentaires locales et nationales sur leur capacité d'innovation.
Depuis quelques années, diverses initiatives visant à proposer des solutions de remplacement au système alimentaire industriel se développent au Québec. Elles sont souvent portées par des organismes issus du milieu associatif. L’accent est mis sur le rapprochement entre consommateurs et producteurs, l’aspect solidaire de la démarche grâce à une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre les acteurs, le soutien à l’économie locale, la qualité des produits ou encore les avantages environnementaux d’une agriculture de proximité. Parallèlement, de nouveaux champs d’investigation s’ouvrent relativement aux bénéfices d’une gouvernance alimentaire plus locale en termes de santé et de nutrition, d’éducation au goût, d’aménagement du territoire et de réduction des kilomètres des circuits alimentaires. Ces propositions différentes recueillent l’adhésion d’une partie des consommateurs soucieux d’avoir accès à des produits sains et de qualité, et dont les conditions de production sont socialement responsables. Devant les crises que connaissent ponctuellement les principales filières agricoles, une proportion croissante d’agriculteurs cherchent à accroître la valeur ajoutée de leurs produits en les distinguant par des signes de qualité et en faisant évoluer leurs modes de commercialisation. Ces initiatives novatrices suscitent enfin l’intérêt des pouvoirs publics et en particulier des collectivités territoriales, dans la mesure où celles-ci sont susceptibles de soutenir une agriculture locale multifonctionnelle tout en offrant des produits de proximité différenciés aux citoyens.
L’objectif de ce colloque est de faire le point sur les recherches en cours au Québec portant sur ces initiatives dans leur diversité : développement des circuits alimentaires de proximité, rôle vivrier de l’agriculture urbaine, labellisations territoriales, représentations québécoises de la notion de terroir, etc. Une place sera offerte à quelques intervenants étrangers dans une perspective comparative.
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