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Batey et Palenque : imaginaires territoriaux des déplacés

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André Corten : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Fuyant les discriminations, le racisme, les menaces, voire les lynchages, les Haïtiens nés ou vivant en République Dominicaine prennent les bateys comme des lieux-refuges. Comparer les bateys aux palenques oblige cependant à voir ces lieux d'une autre manière. Des jeunes dominicano-haïtiens en République Dominicaine, des jeunes afro-descendants essayent de s'appuyer sur le droit international pour adopter une position moins défensive. Entre le refuge et l'affirmation des droits, il y a des écarts possibles. C'est dans ces écarts que se construisent les imaginaires. L'objet de cette communication est de voir comment malgré la misère, la précarité et parfois l'antagonisme, peut se construire un imaginaire de l'hospitalité. L'hospitalité n'est en effet pas seulement une disposition d'accueil, il est une refiguration où les gens imaginent un univers d'émancipation. Cela commence par ne plus être relégués dans les limbes, de ne pas craindre d'être visibles et par construire des liens affectifs sûrs qui ne sont pas hypothéqués par des menaces constantes d'expulsion. Cela débouche sur la capacité de peser sur la définition d'un espace public commun. Cet imaginaire est une refiguration, y compris une dispute des lieux. Le fait de nommer la République Dominicaine de « Dominicanie » en est un indice. Par ailleurs, la référence à l'imaginaire du palenque en Colombie invite à considérer les Afro-descendants autrement que par la place attribuée dans les discours constitutionnels.

Résumé du colloque

Les politiques de développement tout comme celles d’aménagement territorial contribuent à marginaliser certains groupes sociaux en assignant notamment des places et des occupations différenciées au sein de la société. Les populations visées par cet assujettissement ne se conforment pas nécessairement aux politiques et discours dominants. Leur résistance s’exprime à travers des contre-discours et des pratiques transgressives issus d’imaginaires sociaux. Les imaginaires sociaux font référence à la capacité de donner sens au monde qui nous entoure, particulièrement en posant l’existence des liens rassembleurs d’un « nous » imaginé. Constituées en acteurs politiques, les populations visées par ces discours dominants accordent une importance vitale à leur espace géographique, espace qu’elles investissent et sur lequel elles ont tissé des rapports sociaux et culturels qui assurent leur survie. L’analyse du rôle de ces imaginaires dans la construction des représentations sociales permet à la fois de rendre compte de l’irréductibilité de certaines conceptions du développement et de l’espace, et de saisir certains types de représentations qui résistent aux catégories prévues dans les politiques et les discours dominants.

Les pratiques d’appropriation de l’espace se multiplient et mettent en lumière l’enjeu politique inhérent à la dispute des lieux à travers des expressions diverses comme le théâtre, le conte, les festivités, les protestations contre le modèle économique, l’arrivée des déplacés, les occupations de terres et d’édifices publics, les demandes d’autonomie territoriale ou les dispositifs comme les cartes imaginaires. Ce colloque vise à définir des pratiques contre-discursives du développement et de l’aménagement territorial. Quels imaginaires de l’espace et du développement sont aujourd'hui véhiculés? Comment certains imaginaires participent-ils à reconfigurer de nouveaux espaces sociaux et politiques?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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