Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Anne Robineau : Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques
Cette communication propose de s'interroger sur la portée et les limites des données quantitatives expliquant l'apport des professionnels d'expression anglaise du Québec à l'économie créative de Montréal. Pour amorcer l'élaboration d'un cadre conceptuel, nous exposerons les principales critiques liées à l'approche économique de la culture et de la primauté des supports numériques dans les nouvelles conceptualisations issues de recherches sur les industries culturelles. Ces recherches font le lien entre la transformation des pratiques culturelles par l'usage des nouvelles technologies, l'émergence de catégories de professionnels culturels désignés par le terme « créatifs » et de processus générant de nouvelles alliances entre créateurs, consommateurs et diffuseurs. Ces recherches montrent aussi l'influence du secteur économique dans la définition de nouvelles stratégies de politiques culturelles dont certaines misent sur le bilinguisme et le plurilinguisme. Après avoir fait un survol de ces recherches, nous comparerons différentes classifications d'indicateurs de l'économie créative récentes et nous critiquerons leurs limites vis-à-vis de la dimension linguistique concernant la population anglophone du Québec. Nous espérons offrir un regard critique sur l'utilisation des données de recherche sur ce sujet.
La culture est au cœur de la stratégie de développement économique de Montréal, qui y voit une façon de prospérer « en conjuguant talents et créativité, collaborations et innovation, effervescence culturelle et proximité ». Un des atouts de Montréal, selon Richard Florida, réside dans la possibilité pour ce « noyau supercréatif » d’interagir entre plusieurs langues et plusieurs cultures. Toutefois, peu d’études ont pris précisément la langue et le rôle des communautés québécoises d’expression anglaise (CQEA) comme angles d’approche pour comprendre leur place dans l’économie créative. Pourtant, il est difficile de nier l’apport des CQEA à cette économie étant donné la taille de leur population artistique, le poids de leurs institutions universitaires et leur présence dans certains quartiers (p. ex., le Mile End). Malgré cela, leur participation au développement économique, culturel et social de Montréal suscite des inquiétudes. En effet, dans la société québécoise majoritairement francophone, ce développement rejoint les craintes d’une plus grande place accordée à l’anglais aux dépens du français. À l’inverse, certains segments des CQEA font face à des obstacles quant à leur participation à l’économie créative (défis pour les artistes d’origine non européenne, obstacles liés au financement, à la langue et aux pratiques culturelles, etc.). Les conférencières et conférenciers exposeront leurs recherches sur l’économie créative en examinant la portée et les limites de ce concept au moyen de travaux empiriques et théoriques propres à leur discipline respective.
Ce colloque est organisé par le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise (RRCQEA) en collaboration avec l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Comité scientifique : Cheryl Gosselin, Will Straw, Paul Zanazanian et les organisateurs du colloque. Le colloque poursuit la réflexion amorcée à la suite de la publication du rapport du RRCQEA sur l’économie créative chez les anglophones du Québec en 2012.
En plus des activités ci-dessous, notre programme comporte également quelques activités hors site :
— Table ronde au Théâtre Rialto avec des acteurs du milieu culturel organisée par l’English Language Arts Network (12 mai, 14 h, entrée libre)
— Visite guidée sur les industries de l’économie créative dans le Mile End par Justin Bur avec un arrêt à Temps Libre (tempslibre.coop), nouvelle coop soutenue par l’Université Concordia (12 mai, 16 h, RSVP: visitemileend.eventbrite.ca)
Le mot de bienvenue du colloque sera prononcé par André Roy, doyen de la Faculté des arts et des sciences, Université Concordia, et Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux-arts, Université Concordia.
Pour plus d’information, consultez : www.quescren.ca/fr/acfas2016
Thème du colloque :