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Ces riverains qui acceptent : de la prise de contact aux raisons de la participation dans un projet de recherche sur les ruelles vertes

JR

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Jonathan REEVES-LATOUR : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Dans la littérature scientifique, le recrutement des participants n'occupe pas plus qu'un petit paragraphe dans la section méthodologie. Le tout ne pourrait être plus clair : « Voici comment je contacterai les participants ». Toutefois, ce qui semble, de prime à bord, être une étape simple qui se fait naturellement, s'avère la plupart du temps un véritable casse-tête. Nous avons pu le constater lors d'entretiens menés à l'hiver 2016. Nous nous intéressions alors à la représentation sociale du bien-être des riverains de ruelles vertes sur l'île de Montréal. Du refus de certains arrondissements de partager l'information sur ces riverains pour des raisons éthique, nous avons dû innover et investir les réseaux sociaux pour rejoindre ceux-ci. Nous avons vite rencontré un autre mur, le peu de gens souhaitant participer au projet. D'une personne à l'autre, les raisons de la non-participation différeront. On peut simplement penser au manque de temps ou à l'inconfort vis-à-vis les méthodes utilisé. Quand est-il alors des autres, de ceux qui acceptent? Pourquoi acceptent-ils? Nous vous proposons une excursion au sein de ces questionnements. Nous chercherons d'abord à mettre en lumière les contextes de recherche dans lesquels les réseaux sociaux deviennent un allié indispensable pour le recrutement. Nous nous questionnerons par la suite sur les raisons de l'acceptation des personnes. Il est facile par réflexe de croire que ceux qui s'impliquent le font par intérêt du sujet.

Résumé du colloque

Le recrutement va de pair avec le consentement, tant il vise l’approche des participants potentiels pour vérifier leur intérêt, avant leur consentement formel. Puisque le processus de recrutement implique une transmission d’information, il se superposerait, selon la FDA, au consentement.

En ce sens, le recrutement n’est pas une action banale : il soulève des questions éthiques, scientifiques et pratiques. Nos balises éthiques croisent les principes de respect de la personne, de bienveillance et de justice. Mais comment cela s’articule-t-il autour de la nature spécifique de chaque recherche? Autour de la vulnérabilité de la population à l’étude et du lien que le chercheur entretient avec les futurs participants? Vulnérabilité, par exemple, s’ils appartiennent à un groupe très restreint, s’ils se croient obligés de participer (en contexte de récupération de garde d’enfant notamment), ou s’ils trouvent cela valorisant. Ou bien s’ils sont en relation de dépendance ou de subordination à l’égard du chercheur.

Et sur le terrain, pourquoi les patients hospitalisés, dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ou les proches-aidants semblent-ils plus difficiles à approcher? Quel constat fait-on en contexte de maltraitance, de violence conjugale, lorsqu’il s’agit de mineurs ou de personnes marginalisées? Cette pratique normalisée par les centres d'éthique de la recherche (CER) de placer systématiquement un tiers entre le chercheur et le participant potentiel : est-ce vraiment la meilleure approche? À l’heure du 2.0, le recrutement en ligne serait-il une solution? Que dire des enjeux liés à l’approche directe des personnes? Comment faire face aux pressions externes des patients et des promoteurs dans le cas des essais cliniques?

Ces réalités de terrain où s’entremêlent pouvoir, biais de désirabilité ou concurrence pourraient-elles aller jusqu’à questionner la validité scientifique des données recueillies? Autant de questions qui, c’est notre objectif, ouvriront un libre débat sur les enjeux éthiques du recrutement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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