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Chercheur(e)s et savoirs locaux : vers quel type de boutique de sciences au Cameroun?

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Thomas Hervé MBOA NKOUDOU : Université Laval

Résumé de la communication

L'un des fondements de la justice cognitive pose que toutes les formes de savoirs sont valides et doivent coexister de façon dialogique (Shiv Visvanathan). Dans cette logique il n'y a pas de savoirs dominants, ni de savoirs savants/non savants ou encore moins des scientifiques/non scientifiques; cette fausse dichotomie laisse place au dialogue des savoirs en provenance de divers horizons avec pour finalité de combler les besoins sociaux. Loin d'être une utopie et sans vouloir imposer ce principe comme la norme universelle, il est cependant nécessaire de relever que certains pays ont réussi le pari de mettre sur pied des structures dont le rôle est de faciliter ce dialogue. Il s'agit notamment des boutiques de sciences qui permettent de faire la jonction entre les universitaires (détentrice des savoirs scientifiques) et la société (détentrice des savoirs locaux). Toutefois, si ces structures fonctionnent bien ailleurs, serait-ce le cas si on les reproduisait au Cameroun? En m'appuyant sur des exemples concrets de boutiques de sciences en France, au Canada et en Afrique du Sud, je discuterai de ce qui est faisable ou pas dans notre contexte, afin de proposer un modèle de boutique de sciences adapté et au service du développement local durable.

Résumé du colloque

Dans la lignée des travaux de l’anthropologue Jean-Loup Amselle, on peut définir le métissage comme un processus continuel d’interactions entre plusieurs cultures qui transforme ces dernières d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, le métissage désigne un processus par lequel toutes les cultures qui se rencontrent en sortent modifiées, ayant absorbé au moins quelques traits des autres. Le métissage se distingue alors du rapport de forces qui conduit une des cultures à imposer aux autres ses savoirs, ses représentations du monde, ses normes et ses pratiques sans se transformer elle-même, phénomène bien connu des études du colonialisme et de la mondialisation.

La science contemporaine est, dans une perspective constructiviste, une production culturelle étroitement liée à la modernité européenne et, depuis le 20e siècle, anglo-saxonne, ce qui se traduit par des normes, des pratiques et un régime de vérité bien particuliers, dominé par le postpositivisme. Ce régime de vérité exclut du champ scientifique de nombreuses pratiques de connaissance qui proviennent notamment des cultures non anglo-saxonnes, des pays du Sud ou des milieux non scientifiques. Ces pratiques sont-elles condamnées à exister en parallèle ou aux marges du champ scientifique, plus ou moins invisibles, ou peut-on imaginer des sciences métissées, qui acceptent de se laisser modifier par la rencontre avec d’autres savoirs, d’autres normes, d’autres pratiques de connaissance?

Ce colloque propose d’explorer, dans la foulée de travaux d’épistémologie sociale et politique, des cas concrets de métissage réussi ou impossible. Différents axes sont proposés : la rencontre de savoirs de différentes disciplines, de savoirs inspirés par des postures épistémologiques variées, de savoirs universitaires du Nord et du Sud, de savoirs scientifiques et artistiques, de savoirs scientifiques et non scientifiques, par exemple dans le cas des sciences participatives et citoyennes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 12 mai 2016

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